Déclaration d’un soir a des liens évidents avec Déclaration :
un fond boisé, le cumin qui le traverse, ce même effet chaud/froid. (ou
propre/sale) À la place d’un thé Earl Grey, une rose, timide, en bouton, qui s’épanouit
joliment, délicatement. C’est fin, ciselé et je ne peux m’empêcher de penser
que Mathilde Laurent a voulu donner un cavalier à la jeune femme Baiser Volé
donnant à la ligne grand public de Cartier une direction dont elle manquait
peut-être, celle d’un romantisme délicat.

La succession de Nina
Ricci, maison reine du genre avec son Air du Temps, était à reprendre depuis que
Ricci se vautre dorénavant dans le sucraillon. Le pari est un peu risqué, un
peu déphasé par rapport à notre époque, mais c’est si joliment réalisé (si on
met de côté l’insipide Cartier de Lune) que je ne peux qu’aimer sans pour
autant avoir envie de porter : j’ai passé l’âge de rêvasser devant les
posters de David Hamilton. Pourtant, je n’irais pas traiter ce « Déclaration
d’un soir » de mièvre : il est tendre, délicat, plus intéressant,
finalement, que sa cavalière, juste un peu sage, un peu trop retenu.
Cartier est donc l’une des marques à suivre, prometteuses,
de celles qui pourraient devenir les grandes classiques de demain puisque les marques
de parfums plus anciennes ne semblent plus capables que de suivre les tendances
en dupliquant, à grand renfort d’égéries, les patchoufruits à l’infini. Avis
perso, mais je trouve les masculins Cartier plus intéressants que les féminins
et pour une fois j’invite les filles à se servir au rayons garçon. Ça change !
Déclaration d’un soir, Mathilde Laurent pour Cartier, 2012.