jeudi 15 septembre 2011

Article au vitriol ?


Je n'avais pas particulièrement envie de commenter Vitriol d'œillet, le dernier Lutens export parce que j'en ai assez des articles obligatoires sur les blogs du genre « louons le dernier Lutens ou au moins ayons un avis dessus. » Mais j'ai quand même un peu envie de dire que je ne l'aime pas.

Oui, je l'ai senti, oui, j'ai un avis dessus. Mais déjà sur la littérature lutensienne que personnellement j'adore sans toujours la comprendre. Tant qu'à communiquer sur ses inspirations, autant le faire à grand renfort de bons auteurs plutôt que parler de sublimation de la sensualité comme pour 90% des lancements. Je n'ai rien contre la sublimation de la sensualité, mais ce n'est pas mon univers quotidien, et ça ne me fait pas beaucoup rêver. Et je ne pense pas que 90% de la population rêve d'être une bombasse à temps complet, la plupart des gens ont quand même d'autres centres d'intérêt. Je veux bien que selon Freud tout soit sexuel, ou peut s'en faut, mais aucun parfum prônant le tout sexuel ne m'a jamais semblé faire référence aux théories freudiennes, et je ne parle pas d'en avoir la complexité.

Oeillet, Redouté
Il y a l'odeur, bien sûr, enfin et seulement. J'avoue l'avoir senti une première fois dans une condition caniculaire qui ne lui valait rien : je n'ai senti qu'une bouffée de poivre noir du Sichuan. Une bouffée mais pas plus. J'aime bien le poivre, mais c'est un peu court. D'autant que j'aime l'œillet et que j'espérais vraiment trouver enfin un bel œillet sombre, ténébreux. L'explication servie par la pythie du Palais qui daignait me transmettre la bonne parole du grand homme « c'est un œillet TRES en colère » ne me convainc pas du tout ! Nota Bene au passage : dans ses robes noires, la pythie en question ressemblait beaucoup à Helena Bonham Carter crachant ses répliques dans Harry Potter. Je n'ai jamais aimé Helena Bonham Carter et j'ai passé l'âge d'Harry Potter. De toute façon, ce qui peut séduire au cinéma peut nettement moins séduire dans la vraie vie, particulièrement lorsqu'on est une vendeuse s'adressant à un client.

Autres essais et derrière ce départ de poivre, j'ai pu découvrir enfin une odeur très plaisante, florale qui m'évoquait un ancien parfum de grand-mère, dénichée dans un flacon vide, ou mieux encore sous forme de savonnette parfumée. (Myrurgia avait quelque chose de très proche que j'adorais, je ne sais si cela existe encore…) Quelque chose qui sent l'œillet, vaguement, quelque chose de très transparent, un peu aqueux. Et voilà ou les ennuis commencent.

Certes, je sens bien une odeur d'œillet à force de la chercher. Et cela me fait penser à mon mémoire de fin d'étude qui était bourré de statistiques, terriblement exactes et scientifiquement parlant indiscutables, mais que j'avais tournées et retournées dans tous les sens pour leur faire dire ce que je voulais. De même cet œillet, je l'ai senti à force de le chercher et de fouiller le parfum à sa recherche. Déjà, plutôt moyen.

Les deux phases du parfum ne m'ont pas du tout semblé en harmonie. C'est peut-être une question de saison, mais le poivre écrase vraiment le fond vieillot. Ce qui n'est pas plus mal, sinon, il n'y aurait quasiment rien à sentir tant ce fond est discret, éteint. Et j'ai beau adoré ce genre d'odeur, je n'ai pas envie de consacrer mes économies à sentir la vieille madrilène bien lavée pendant deux heures, le nez collé sur la peau. Parce que pas de sillage, ça m'embête un peu. Et qu'en plus, on ne puisse parler de parfum de peau, à peine de trace sans la moindre tenue, j'ai un peu envie de crier à l'arnaque. Quand à coller au discours littéraire, non, rien ne m'a évoqué la décadence littéraire dans ce parfum. La décadence des Salons du Palais Royal, tout au plus.





2 commentaires:

  1. Pas d'accord, notamment sur Helena Bonham Carter que j'aime beaucoup. M'enfin bon.

    Cela dit, je viens de voir quelque chose d'assez rigolo : ce parfum aurait pu s'appeler "Vieillot Douillet" plutôt que Vitriol d'Oeillet.

    Enfin bon. J'avoue l'avoir pas mal porté et je lui trouve une très bonne tenue, et une belle évolution sur peau. Mon seul regret c'est ce manque de poivre. Mais honnetement, ça reste une super sortie je trouve, dans la continuuité de Bas de Soie mais aussi de Féminité du bois

    Jicky

    RépondreSupprimer
  2. Je n'arrive pas à dire ce qui me déçoit tant, mais c'est probablement ce décalage entre ce qu'il aurait pu être et le résultat... (Mais pourquoi autant de sorties chez Lutens?)

    RépondreSupprimer