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mercredi 2 mars 2011

Les monogrammes ? Non quand même!

Au rayon des choses pas possibles, il y a les monogrammes: laids en soi pour commencer même si je n’ai jamais réussi à déterminer lequel était le plus insupportable du GG ou du LV. Probablement le LV parce que les couleurs sont tellement hideuses… Franchement, si je devais porter les initiales de quelqu’un partout sur moi, ce serait les miennes. Celui qui veut que je fasse sa pub n’a qu’à me payer. Mais bon… Pour se convaincre du ridicule de la chose, il suffit de regarder dans la rue : la réalité est beaucoup moins trompeuse que nos chers magasines de mode.


Lil Kim par David LaChapelle

Soyons honnêtes : ça ne va avec rien, ce qui est le seul avantage que ça puisse présenter à la limite puisque "ce qui ne va avec rien, va forcément avec tout." Sommet du laid : le sac Vuitton sur silhouette noire, comme on le voit assez régulièrement, c’est totalement triste et ça jure vraiment beaucoup ce mélange noir-brun. Penser qu’un accessoire chic parce que signé, une belle illusion, permet de donner de la classe ou un aspect vaguement luxueux à une silhouette pauvre relève du fantasme absolu. OK, c’est un signe de richesse ostentatoire et facilement identifiable, ça, je peux comprendre, bien que je condamne cette attitude vulgaire, mais franchement, des initiés reconnaîtront tout aussi facilement un joli cuir épi également signé Vuitton qui sera bien plus élégant et joli même si d’après moi, il vaut mieux investir dans un vêtement bien coupé (le pantalon qui fait des fesses d’enfer, ce graal de la mode par exemple) et l’assortir de petits sacs pas chers mais sympathiques. Le message véhiculé par le monogramme étant en général : "moi j’ai pu me le payer, je vaux mieux que toi!" ce qui n’est pas exactement sympathique. Ou encore, "moi je suis allé en vacances en Turquie et j’ai pu passer les contrôles de la douane!" carrément pathétique. Pour finir, soyons honnête, le monogramme, comme beaucoup de signe extérieurs de richesse, c’est l’assurance d’un bon coup de vieux immédiat : typiquement le genre de choses auxquelles il faut renoncer dès qu’on à l’âge de se les offrir.

Et en même temps, je pourrais trouver ça mignon, ce manque d’assurance, ce besoin d’être réconforté par un sac, un signe. Sauf que généralement la grimace qui va avec le sac n’inspire pas la sympathie…


vendredi 17 décembre 2010

Sécrétions pas si Magnifiques....

J'aime bien l'avant-garde et le concept d'odeur plus que de parfum, c'est pourquoi malgré mon coté très "grande bourgeoise" olfactif, j’apprécie beaucoup Comme des Garçons en parfums alors qu'en terme de vêtements, je suis plus réservé: le concept tombe mal sur moi et je ne sais pas le porter autrement que "chiffon mal coupé" ce que je regrette amèrement, j'adorerais faire partie de l’intelligentsia austère du concept au chic codé pour initié.

Etat Libre d'Orange me laisse assez sceptique bien que j'apprécie la démarche de renouvellement par dynamitage intérieur et humour mais, simplement, j'ai tendance à ne voir souvent que des parfums relativement classiques plutôt mal exécuté même si certains ne sont pas sans évocations plaisantes. Putain des Palaces est une odeur de vamp classique, plutôt bâclée, Vraie Blonde voudrait renouveler en rendant hommage aux aldéhydes et à Marilyn mais est tout juste plat et acceptable comme bain mousse etc. J'avoue que Charogne ne me plait pas vraiment mais propose quelque chose d’intéressant, un semblant de piste bien que le coté "explorons le coté sombre" me paraisse un peu surfait. Etc. 

Sécrétions Magnifiques va un peu plus loin et semble vouloir battre la Marque de Rei Kawakubo sur son propre terrain en osant l'odeur et annonce ce qu'il y a de pire: sang, salive, sperme... La provocation étant habituelle chez ELO, on ne s'attend pas forcément au pire. Peut-être à tort cette fois...

Le parfum démarre sur une note métallique intense et glacée qui évoque le goût du métal en bouche, peut-être le sang, effectivement mais avec toute la barre métallique qui l'a fait couler... Et cette barre de métal, il semble que l'on doive la lécher et la savourer pendant des heures aussi pénible que ça puisse être. On pourra reprocher bien des choses à Sécrétions, mais pas de manquer de tenue ou de sillage. Juste quand j'étais sur le point de craquer et envisageais la douche comme remède est apparu le "fond" sale qui ne m'a pas particulièrement évoquer la plongée dans un slip usagé barbouillé de sperme comme l’intitulé, la publicité et la ravissante étiquette collée sur le flacon pouvaient le laisser présager mais je n'en ai pas soupiré d'aise pour autant: ce que j'ai découvert ne valait pas mieux, n'étant pas plus propre ou appétissant, juste moins sexuel puisque sous ce métal qui n'en finissait pas est finalement apparu ce qui m'a évoqué la chaussure pourrie, trop portée par un pied trop sujet à la transpiration. 
J'avoue que ce coté sordide brut de décoffrage m'a un peu laissé dans le doute une fois de plus. Bien sûr, l'idée de départ est intéressante mais en même temps, quoi de vraiment neuf au pays du sent bon? La note métallique, on la perçoit depuis longtemps depuis Calandre il me semble.  Très présente et reconnaissable, je pense à Odeur 71 de Comme des, justement, ou elle est entourée, réchauffée par des comparses aussi étranges qu'elle, poussières, plastiques qui évoquent le bureau et le site industriel  dans une version portable et assez séduisante pour l'entourage. Le fond sale? Mais il me semble que c'est l'un des pilier de la parfumerie française la plus classique, perceptible dans mon cher N°5, dans Shalimar ou Jicky et... et... et... (liste sans fin) Je ne dirais pas que Sécrétions manque d'enrobage, c'est juste qu'il n'a pas de construction, tout simplement et que l'idée amusante de départ tourne court parce qu'Antoine Lie n'a pas crée un parfum, juste assemblé une note de tête envahissante et une note de fond repoussante en oubliant que pour être délicieuses elles devaient faire un bon mariage. Et c'est vraiment cette incomplétude qui me dérange. J'aurais tant aimé être bousculé par quelque chose qui serait une vraie oeuvre pas juste une piste, une idée de... Un parfum sorti trop tôt et qui se serait plus justement appelé "éjaculation précoce" comme souvent chez ELO?

Détat Libre d'Orange, j'ai envie de dire en citant Shakespeare "beaucoup de bruit pour rien" mais ce serait un peu injuste. "Beaucoup de bruit pour pas grand chose" est non seulement plus fair play, mais plus exact. Je trouve qu'il faut laisser une chance à la marque: après tout Guerlain par rapport au nombre de produits lancés sur le marché depuis sa création ne compte qu'un petit nombre d' oeuvres capitales! Et ELO essaye vraiment de faire quelque chose de diffèrent. Si simplement, ils délaissaient un peu les effets d'annonce au profit d'une vraie créativité, d'un véritable travail sur le parfum.

Sécrétions Magnifiques, Antoine Lie pour Etat Libre d'Orange, 2006

mercredi 6 octobre 2010

Je ne serai pas une belle de jour

Kenzoki, il fallait que je teste. La marque revendique un lien avec le Japon (ténu: le créateur est parti depuis longtemps, LVMH est propriétaire, c’est plus parisien que japonais tout ça !) et une philosophie qui me parle : se faire du bien en se faisant plaisir. Je suis d’accord un soin qui est agréable est plus efficace : ne serait-ce que parce qu’on l’applique celui-là au lieu de le laisser au fond du pot. J’ai testé plusieurs crèmes dont la Belle De Jour (nom qui aurait mieux convenu à Saint Laurent qui habillait Deneuve dans le film de Buñuel) qui dépasse les 100 € et se veut le produit luxe et efficacité de la ligne.

Confort, et plaisir garanti. Texture de rêve et odeur à tomber par terre dans la lignée de Flower par Kenzo : entre crème, lait et poudre. C’est doux, tout doux et rien que de le sentir, ça fait du bien. Et à part ça ?

Oui, de l’hydratation, un peu et un effet bonne mine immédiat puisqu’on masse un peu. Et puis c’est à peu près tout. Mon visage n’a pas été transcendé par l’effet promis du lotus pas de luminosité particulière, pas d’hydratation durable, pas de rajeunissement exceptionnel. Et pour ce prix-là, ce n’est pas bien difficile de trouver mieux.

samedi 25 septembre 2010

Grand Classique: le basic trois temps de Clinique

Une idée simple:  nettoyer, exfolier, hydrater pour une peau superbe. Né en 1968, minimaliste, crédible, tout pour tenter… Donc, je me la joue WASP  et je tente la méthode Clinique.

1 Le savon sans savon, version douce: oui, ça nettoie, ok. Mais un peu trop. Ça tire de partout. Après la première fois et c’est pire de jours  en jours.
2 La lotion exfoliante. Une bonne idée, moi qui n’aime pas les gommages mécaniques, bien trop irritant à mon goût , mais qui aime l’exfoliation chimique, je me dit que c’est fait pour moi. Sauf que… pas de conservateur, c’est bien, mais à la place de l’alcool, ça pique et irrite. Résultat, je rougis. Et j’ai pris plus doux que ce que la conseillère voulait me refiler par prudence…
3 L’émulsion hydratante tellement différente fait du bien et soulage. Bon, c’est un peu riche, mais pas trop, même si coté pénétration, c’est pas ce qu’on a fait de mieux.

Résultats: une peau malmenée au départ, de plus en plus irritée, qui finit par être hyper réactive et cumule les disgrâces après une dizaine de jours: des petits boutons par endroits et des plaque desséchées à d’autres endroits… ça va mieux en oubliant la lotion mais ça reste pas terrible et douloureux... Il y a des fans pour qui apparemment ça fonctionne, mais j’en connais d’autres qui ont souffert plus que moi. Et franchement, le coté nettoyer et hydrater, comme concept, j’adore et  j’y crois dur comme fer, simplement, on peut trouver mieux et moins cher en grande surface. L’aspect exfolier, par contre, à ce rythme là, je me demande si ce n’est pas de l’obsession maniaco-purificatrice de néo-puritains. 

En tous cas, une gamme à éviter absolument .