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vendredi 23 mars 2012

Je n’ai PLUS RIEN à me mettre…


Voila probablement la phrase que je prononce le plus souvent. Au moins une fois par jour. Et bien sûr, devant un placard qui menace d'exploser, et une armoire à parfums plus que bien garnie. Et j'ai tendance à penser que cela fait partie de la normalité de l'espèce humaine même si j'entends parfois parler de gens qui n'ont pas ce genre de souci, se trouve tout à fait heureux avec deux jeans, trois T-shirts et un flacon d'eau de Cologne. D'une certaine façon, ces gens sont un peu mes héros du quotidien, mais en même temps, je les plains très sincèrement, je me dis qu'ils passent à côté de quelque chose, d'un des petits (grand, j'avoue) plaisirs qui enchantent le quotidien…

Le grand problème du matin, c'est peut-être que rien ne va avec rien, ce qui est souvent la théorie des relookeurs, mais en même temps, c'est ça LE truc que rien n'aille avec rien et que ça puisse finir par faire un tout cohérent, donc tout à fait l'opposé d'un uniforme. Je commence toujours par décider de LA chose que je veux porter, la pièce qui va déterminer tout le reste que ce soit le parfum ou les chaussures. Oui, certain matins, je choisis d'abord quelles chaussures ou quel parfum je veux porter et tout le reste en découle. En fait, tout part de « mais qui ai-je envie d'être aujourd'hui ? »

J'ai toujours plus ou moins consciemment considéré la mode ou le parfum comme un jeu sur l'identité. Non pas un révélateur de l'identité, ce miroir « dis-moi qui je suis », je n'y ai jamais cru, plutôt comme une série de rôles, de déguisements qui traduisent probablement une partie de conscient ou une partie d'inconscient… Et je trouve amusant de montrer différentes facettes en même temps, c'est aussi pour ça que je décale. Parce que l'aldéhydé fleuri de bourgeoise, ça se marie parfaitement à la tennis pourrie. Et dans un sens, si le mélange exprime une personnalité, elle est complexe, à facettes au moins, pas bloquée en mode arrêt sur image. (voire en mode caricature) En ce moment, je suis en pleine fixette aldéhydes de bourgeoise. Ce n'est pas grave: ça ne passe pas, ça ne se soigne pas, mais ce n'est pas dangereux et c'est légal. (Enfin, jusqu'à ce que l'IFRA... Penser à faire des réserves)

Et parfois, j'ai juste envie de me la couler douce, confort, sans souci et sans effort. Ce qui me fait un peu enrager, c'est que mon parfum de ces moments-là, au lieu d'être un truc cool et cheap de chez Body Shop, par exemple, c'est la IVème heure de Cartier, autrement dit, mon parfum le plus cher, qui n'est pourtant pas le plus luxueux, il ne me donne absolument pas cette impression de luxe, au contraire, celle d'un truc tout simple, rustique, confortable comme un vieux plaid dans une maison de campagne…

mardi 8 novembre 2011

Bleu Marine


Côté mode, je suis de nouveau en forme et je poursuis sur ma lancée des vrais vêtements pour les vrais gens en m'adonnant à ma passion pour le marin : le truc indémodable et indispensable depuis que le bord de mer est à la mode pour les vacances. Après tout, Gabrielle Chanel l'a porté. Et elle a souvent piqué, volé, détourné des vêtements qui n'étaient pas au départ pour elle. Le marin, à la ville, en hiver, il n'y a pas de souci, c'est toujours joli. Pratique. Et chaud. (Parce que les vrais marins ont une vie en dehors des ports de plaisance, et ce même l'hiver. Si ! Si !) Donc, je me rue sur les collections Saint-James ou je craque pour le rayé et l'uni parce que le bleu marine, de toute façon, c'est bien plus joli que le noir ! (Le noir me donne mauvaise mine comme à 89% de la population !)

Dans le même ordre d'idée, j'ai trouvé un manteau de policier vintage (modèle années '80), croisé, bien coupé, chaud, qui s'arrête au genou en marine : il me va comme un gant et ne m'a quasi rien couté. Le résultat avec le pull marin et un simple jeans est à tomber de chic je-m'en-foutiste. Et pourquoi pas ? Chanel avait bien détourné le gilet des domestiques du duc de Westminster pour s'en faire des cardigans ?

John Garfield, the sea wolf

vendredi 14 octobre 2011

How to dress for success


Edith Head
Edith Head (1897-1981) était une des reines de Hollywood, la femme aux 8 oscars, celle avec qui tout le monde voulait travailler. Edith Head a fait des vêtements qui vous ont probablement fait rêver même si vous ignorez son nom. Audrey Hepburn dans Vacances Romaines, c'est elle. Bette Davis dans Eve, Gloria Swanson dans Sunset Boulevard, et surtout presque tout les Hitchcock et ses blondes glaciale : Grace Kelly dans la Main au collet, Tippy Hedren dans les Oiseaux ou Kim Novak dans Vertigo… Edith Head avait démarré comme assistante de Travis Banton, costumier star de la Paramount qui lui confia les boulots qui ne l'intéressait pas. Edith se montra moins créative que le maître, mais donnait au metteur en scène ce qu'il voulait, savait tenir compte des opinions des starlettes et plaisait aux producteurs car elle savait se tenir au budget alloué en récupérant, transformant, économisant par-ci par-là, sans qu'il n'y paraisse à l'écran. Tout le monde la réclamait. Trait de génie ultime : Edith se mit en scène et donna des interviews, passa à la télévision, devint elle-même une figure populaire de l'Amérique, distribuant conseils et bonnes paroles à madame tout-le-monde. Et forcément elle écrivit en 1967 son livre How to dress for success que j'ai trouvé au V&A. (Quand je vous dis que la librairie du V&A est une mine d'or !)


Autant ce genre de livre est délicieusement désuet et fun en général, autant celui-là n'a pas vieilli! Je ne sais si c'est dû au pragmatisme, au réalisme de l'auteur ou à des idées en avance sur son temps, mais toujours est-il que ça marche encore. Le ton est très diffèrent de ce qu'on peut trouver d'habitude. On remarque que le premier chapitre est consacré au monde du travail, plaire aux hommes, avoir une vie domestique, sociale, tout cela compte, mais vient après. La façon dont le sujet est abordée est directement issue du cinéma : vous voulez un boulot donc il faut que vous vous habillez de manière à l'obtenir, même si ça n'est pas le plus important. L'idée de base est qu'il faut s'habiller pour s'intégrer. Il est même conseiller d'aller en repérage pour se renseigner sur l'allure du « rôle » ... Il ne faut pas être moins bien que les autres, mais surtout pas mieux, ça ferait peur. Une fois le job acquis, les conseils changent pour avoir des promos, accéder au pouvoir… 

Tout le livre est basé sur ce schéma ou presque, avec des conseils pour la silhouette, se construire une garde-robe de base etc. L'usage de listes et par exemple conseillé pour ne pas faire d'erreur. (J'ai essayé, ça marche!) J'adore le coté on ne prend pas de gant : Edith conseille de se regarder dans le miroir en tenue d'Eve et de lister ses défauts. Et si on ne voit aucun défaut ? La sentence est sans appel : allez-vous acheter des lunettes ! En même temps, il y a de l'espoir : Edith l'affirme après avoir habillé les plus belles femmes : aucune n'était parfaite ! (Ouf !)
Vous avez compris, ce livre, je l'ai adoré ! Non seulement Edith sais faire des vêtements, mais elle sait en parler. Et contrairement aux prêtresses modeuses, elle échappe à la démode. Pour la petite histoire, quand Disney a créé un personnage de costumière pour les Indestructibles, il s'est directement inspiré d'Edith. Coiffure, lunettes, façon de parler : tout y était !

How to dress for success, Edith Head with Joe Hyams,1967 pour l'édition originale

Textures


détail d'une veste Tommy Hilfiger
Cet hiver, la mode semble avoir zéro créativité, une fois de plus, mais c'est une fausse idée: j'adore les textures ! Le retour des laines chinées, du tweed, du velours à grosses côtes, les matières à effets, ce n'est pas spectaculaire, certes. Le tout dans un esprit chic bourgeois anglophile que rustique, je like à mort. 

Je joue encore un peu ma Wintour et refuse toujours le noir. Ça tombe bien, on n'en voit pas tant que ça, cette année. En même temps, le noir qui fait si bien cache-misère pour les tissus un peu cheap, pour ce qui est des textures, ça ne rend pas tellement bien… Alors, vive les bruns, les bleus, etc. 

mercredi 21 septembre 2011

Jamais sans ma gaine?

J’adore le V&A, immense palais victorien dont on n’a jamais fait le tour qui se voue aux arts appliqués, ou décoratifs, mais les deux appellations semblent honteusement péjoratives, ou pendant des heures j’aime me balader contemplant meubles, argenterie, vêtements, statues, bijoux, paravent, jouant à monter une chaise en kit du XVIIIème siècle (plus compliqué que les kits Ikéa !) ou essayant sans succès de nouer un obi, à la plus grande joie des touristes japonais qui m’ont croisé ce jour-là. Le musée vaut aussi par son bookshop, forcément en anglais, mais bon, même moi, je peux lire ces ouvrages dans la langue de Shakespeare, qui regorge de livres absolument passionnant sur le mobilier, la décoration, les collections et la mode. (Soyons juste, la librairie des Arts Décoratifs à Paris est bien aussi).

J’y ai trouvé, ou plutôt retrouvé l’ouvrage d’Anne Fogarty que je me suis enfin décidé à acheter. Publié en 1959, the art of being a well dressed wife est un de ces petits bijoux de guide comme les anglaises semblent les adorer. (C’est en Angleterre que ce genre d’ouvrage s’écoule comme des petits pains, dixit un ancien Vogue) Perso, j’adore aussi à tous les degrés, parce que j’aime le chiffon et ce qu’on écrit à son propos, surtout dans ce ton un peu sentencieux qu’ont toujours rédacteurs et rédactrices de ce genre de guide, ton qui rend involontairement les ouvrages assez drôle avec le recul des années. La mode changeant, c’est typiquement le genre de livre qui vieillit terriblement vite. Mais en même temps, c’est une mine d’information sur le passé, les mœurs et les vêtement, au même tire que le cinéma et bien plus que les magazines de mode. Si quelqu’un a jamais trouvé que la rue ressemblait à une page du Elle spécial mode du mois de septembre, il n’habite clairement pas dans le même rue que moi…

Anne Fogarty était styliste pour les magasins Saks. L’ouvrage est daté de 1959, pile poil le moment ou commence la série Mad Men, si vous voulez un look Betty Draper, voila ou allez chercher des idées. Clairement, il est terriblement daté fifties et New Look plus qu’années ’60 et révolution. L’intitulé en dit long, c’est un ouvrage pour les épouses, même si elles travaillent, absolument pas féministe : la femme se doit de plaire à son seigneur et maître qui sera fier d’elle. Le wife-dressing est défini comme "a contributing factor to a happy marriage." WAW! Oui, c’est rétrograde et sexiste. Ça ne renvoi pas nécessairement la femme au rôle d’objet sexuel, mais bien  à celui de bonniche ou de servante. Mais une servante qui doit plaire, d’ailleurs, Anne conseille de se lever 20 minutes avant l’époux pour avoir le temps d’enfiler de jolis vêtements pour le petit déjeuner et de se refaire une beauté, pas question de cuire les œufs brouillés de monsieur sans avoir passé une brosse dans ses cheveux et sans s’être mis du rouge à lèvre. Et là, toutes les filles ou à peu près doivent être contentes d’avoir échappé à ce genre de chose. Ça fait tout de suite chuter la nostalgie qu’on peut éprouver envers le New Look. Pourtant très joli, mais…

Coté bon conseil, l’ouvrage tourne surtout autour de « le bon vêtement pour la bonne occasion » de façon un peu excessive : pour un voyage de 10 jours, Madame Fogarty prend 18 robes et 20 paires de chaussures. Je n’ai pas 20 paires de chaussures dans ma garde-robe. Peut-être que je n’ai rien à me mettre ou peut-être qu’Anne n’est pas très réaliste… Le conseil majeur et absolu, c’est "JAMAIS SANS GAINE." Je ne commente même pas. Sinon, les conseils en soi ne sont pas mauvais et le ton est plutôt sympathique. Les cotés agaçant sont dus à l’époque, pas vraiment à l’auteur. Et certains conseils sont toujours d’actualité. Privilégier la qualité, par exemple : c’était vrai et ça l’est encore. Il vaut mieux un bon coton bien taillé qu’une mauvaise soie mal bâtie : vrai en 1959, en 1982 et en 2011.

Tote-bag - I sincerely believe is the best thing that happens to wwoman since the vote.

Au second degré, prendre le livre comme petite bible rétro pour un après-midi entre copines peut-être amusant. L’ouvrage, lu sans espoir d’y trouver la moindre aide quand à la façon de s’habiller est plaisant et instructif, comme une petite incursion dans la vie de nos grand-mères, parsemée de "Oh My God, Anne, redescends sur terre s’il te plait !"

Anne Fogarty, The art of being a well Dressed Wife, V&A Publishing

January Jones dans Mad Men


mercredi 7 septembre 2011

épuration (ceci n'est pas un article politique)

L'élégance est un refus
Diana Vreeland



Je suis du genre à accumuler, entasser, emmagasiner, essayer toujours plus, autre, plus neuf, plus beau… Et régulièrement, je me fais une petite cure d’épuration comme d’autres font carême. Une subite envie de moins, pour mieux, de nouvelles bases sur lesquelles repartir. En réalité, il s’agit plus de revenir à mes fondamentaux, ce qui est moi, me correspond. Ne me demander pas pourquoi il n’en va pas ainsi tous les jours de toute l’année… Curieusement, le plaisir pris à m’alléger est aussi grand que celui de ces mois, de ces années, consacrés à accumuler. Je jette, je donne avec un réel plaisir.








Rayon chiffons, moins de "déguisements", plus de simplicité de coupe, de matières solides. Sobre, casual, peu élégant mais facile à vivre et durable. Mais en fait, ce sont souvent les plus vieux qu’on aime le plus, qui nous vont le mieux. Les fringues neuves qui ne sont pas exactement mon genre, je finis toujours pas leur trouver un défaut, même minuscule, alors que quand j’aime vraiment, que je me sens bien, je peux accepter l’usure et les réparations sans problème. En fait, le côté usé, authentique des choses qui ont vécu, c’est un plus. Et j’adore l’idée qu’un vêtement traverse les époques. De même que j’adore qu’un vêtement possède une histoire. Le caban de marin, je trouve ça beaucoup plus intéressant que la pure création de styliste. (Mais que Saint Laurent se soit pencher dessus est un plus, nous sommes bien d’accord) Vive le basique ! L’utilitaire !

Côté parfum, je suis pire. Parce que j’ai plus de mal à me dire que ça ne me va pas, que je ne me sens pas à l’aise. Plus de mal à accepter qu’un chef d’œuvre n’est pas pour moi. Alors, je me berce de l’illusion qu’il suffira que le bon moment se présente. Pourtant, il y a des choses évidentes à comprendre : je ne serai jamais une bombasse en musc, je ne sais pas flirter en violette… Et surtout personne n’a besoin de 215 parfums différents. (Je vous rassure, ce chiffre ne correspond pas à une réalité)  Quelques-uns suffisent pour faire face à toutes les occasions de la vie. Et un parfum un peu cool, facile, discret peut faire toutes les circonstances même si on s’ennuie beaucoup ! L’idée de n’en avoir qu’un ne me traverserait pas l’esprit ! Mais moins et plus adaptés, oui !

J’aime et je me sens bien : dans des frais, des eaux chyprées, aromatiques, bourrées d’hespérides. Souvenir : l’Eau Sauvage a été mon premier parfum, celui qui m’a suivi pendant 15 ans. Vent Vert a été mon compagnon jusqu’à sa reformulation désastreuse. Pour Monsieur, Chanel, l’Eau de Campagne de Sisley, L’Eau d’Hadrien d’Annick Goutal, m’ont suivi un peu moins longtemps, mais c’est évident qu’il m’en faut ! En ce moment, craquage sans scrupule pour l’Eau du Sud de Goutal : tout ce que j’aime. Un internaute très avisé m’a dit qu’après ce que j’avais déjà aimé, c’était évident, un aboutissement. Il avait entièrement raison. On devrait plus souvent écouter les sages avis.

Indispensable aussi, mes éternels et merveilleux iris. Je ne peux pas m’en passer. Un seul pourrait faire l’affaire mais le plus beau, le plus WAW, Iris Silver Mist de Lutens, n’est vraiment beau qu’en hiver. Bas de Soie est gracieux par toutes les températures et possède ce galbanum que j’aime temps et cette affirmation catégorique, ici un peu hystérique, qui me plait tant. Mais l’Heure Exquise, tellement proustienne, gracieuse, tendre a aussi ce départ en galbanum. Et Hiris d’Hermès est si facile à porter… Mais L’Eau du Sud est aussi très facile à porter. Bon, s’il ne devait y en avoir qu’un, ce serait probablement Bas de Soie. (Mais il ne doit pas y en avoir qu’un !)

Des floraux, ça, bien sûr qu’il en faut ! On a toujours besoin d’un floral ou deux. Un capiteux : le jasmin d’à la Nuit, très animal après un départ presque vert, qui pour moi remplace les orientaux. Un bouquet aldéhydé parce que c’est toujours élégant et qu’on a toujours besoin d’un truc un peu complexe et sophistiqué dans sa garde-robe. Baghari pour le printemps-été, Arpèges pour l’automne hiver. Une tubéreuse, c’est bien aussi à avoir pour une très mauvaise raison : c’est LE truc qu’il faut avoir quand on veut faire la gueule : dans la tubéreuse, il y a de l’orage, de la colère, du pied qui tape, des doigts qui pianotent et d’infinie réserve de mauvaise foi.  Et moi je dis qu’on a toujours besoin d’un peu de mauvaise foi ! Et d’une très bonne excuse pour s’offrir un parfum de plus. THE tubéreuse, pour moi, ce sera Fracas et son coté « grande dame qui se contient » parce que les cris, les grands gestes, ce n’est pas mon genre. 

MMMM on n’est pas vraiment dans le minimalisme n’est-ce pas. Pourtant je vous jure que ça réduirait considérablement ma garde-robe de me limiter à ça: 5 parfums ! (On peut quand même ajouter le Néroli? Et...)





mercredi 10 août 2011

Inspiration: Vertigo de Hitchcock


Le costumes ont toujours joué un rôle important chez Hitchcock, ils en disent toujours long sur les personnages, Mais dans vertigo, ils sont vraiment au premier plan : James Stewart rhabille vraiment Kim Novak pour la faire ressembler à une morte, Une morte qui copiait le look d’une autre morte… Comme souvent avec Hitchcock, les costumes étaient signés Edith Head, la femme au 8 oscar, véritable costumière super-star. Le look sobre, élégant de Melle Novak est à copier sans modération. 


La perfection du tailleur gris est un modèle de sobriété et de bon goût, mais ma préférence va à la tenue noire et crème. Robe, chaussures, gants, foulard, sac, tout est noir et porté avec un manteau clair. C’est une allure qui passe toujours incroyablement bien et possède toujours un charme incroyable. À copier abondamment ! Une variante tout aussi jolie et pratique est de porter un pantalon contrastant avec la couleur du reste de la tenue. C’est toujours beaucoup plus seyant qu’une monochromie complète et plus surprenant que la tenue dans une teinte et les accessoires dans une autre. (Un joli camel est tout aussi seyant que le crème et plus pratique cependant) On retiendra que lorsqu’elle joue l’élégante Madeleine, Melle Novak n’arbore que des couleurs neutres,  un exemple à suivre.



Vertigo Alfred Hitchcock, avec Kim Novak, costume Edith Head, 1958

jeudi 4 août 2011

NOW LOOK - NO LOOK


En ce moment, la mode et moi nous faisons définitivement la gueule. Est-ce sa faute ou la mienne ? En tous cas, je suis en train de sombrer dans le no look le plus complet : tennis, jeans et T-shirt, basiquissimes. Bien sûr, je n’ai "plus rien à me mettre" comme tout le monde et je continue d’acheter mais en ce moment, j’achète fonctionnel, utilitaire. Sans essayer si possible. Et en profitant des offres et des ventes privées sur le net. Franchement, si je n’étais pas vaguement attiré par la couleur et un peu difficile coté matières, ce serait pire.

D’une part, la mode est devenue trop rapide : H&M, Zara et compagnie ont habitué au réassort toutes les semaines, les grands ont suivi avec des pré-collections et des collections croisières. Mais dans le fond, il n’y a plus vraiment de tendances, juste des micro-tendances qui durent trois semaines avant qu’on ai envie de passer à autre chose. Après tout, quand Vogue titre "30 tendances pour l’hiver" on peut se demander s’il n’y a pas 29 tendances de trop… Et la nouveauté ? L’innovation ? Je la cherche un peu car je trouve qu’on recycle beaucoup, au non du vintage, que depuis la collection Libération de St-Laurent, on s’inspire du passé dans des citations plus ou moins littérales, mais c’est souvent une astuce facile pour cacher un manque d’inspiration, de direction. Même si le résultat peut être tout-à-fait joli, je trouve que ce n’est pas trop parlant : ça ne dit rien de notre époque, rien de demain. Un temps, les accessoires ont fait office de substitut au vêtement et toute la mode s’est réfugiée dans une paire de chaussures ou un sac mais… D’autant qu’avec la globalisation, la planète est un vaste centre commercial ou l’offre est partout la même. Ce qui pourrait être une bonne chose, une démocratisation, est aussi générateur de lassitude : la mode et le plaisir qu’elle procure s’accommodent mal de l’uniformité.

L’air du temps étant pas mal à la Simplicité/Sobriété Volontaire joue aussi peut-être pour discréditer la mode dans un monde en quête d’écologie, d’éthique et d’équité. Autant le Bling peut être fashion, autant cette nouvelle sobriété ne trouve pas encore sa traduction dans une allure qui lui serait propre et qui serait propre à la récupération. Ce que je vois autour de moi, c’est de plus en plus de dédain pour la mode et le chiffon au profit de l’utilitaire et du confort. Les chaussures sont l’exemple le plus frappant : les touristes américaines et leurs affreuses baskets « si confortable, my dear », qui nous ont tant fait rire, ont fait des émules partout et la chaussure du moment semble être la chaussure de marche pour un trekking urbain pour les plus âgés, la tennis pour les plus jeunes etc… Quant aux vêtements, le blouson sportif, le t-shirt et le survêt de jogging sont partout dans la ville. Insolents de confort, avachis, faciles, et profondément laids souvent ; mais hors mode, qui durent, s’usent jusqu’à la corde. De plus en plus des vêtements qui ne viennent plus de la mode mais du sport et de l’utilitaire, directement  sans passage par la case relookage modeux. De plus en plus de gens ont l’air de s’en foutre. Évidement, ce n’est pas très élégant mais en même temps, cette indifférence, je trouve que ce n’est pas si mal. La nonchalance, l’air sûr de soi, ça aussi, ça fait une allure. Et ça donne peut-être plus belle mine que les lèvres pincées de la modasse de base malmenée par son régime et les expédients nécessaire pour trouver les fonds nécessaires à ses dernières acquisitions.

Peut-être que la mode est OUT, peut-être que c’est mieux. Moi qui l’ai tant aimé, j’espère qu’elle n’est qu’endormie et que comme le phénix elle se prépare à renaître de ses cendres. En attendant, Je fais une pause. Oublié les recherches, les jeux sur l’identité. Oh, entendons nous bien, je ne vais pas me mettre à dire que je veux du vrai, de l’authentique, je sais que la vérité ne tient pas dans quelques gramme de coton ! Je ne vais pas non plus m’en foutre et traîner en jogging Adidas. Juste ne pas trop me tracasser… ça me fera des économies en plus.


Illustration: Paul Newman, exemple parfait de cool je-m'en-foutiste avec l'allure.

mardi 28 juin 2011

Rouge: Accessoires

The Wizard of Oz
Je me demande dans quelle mesure mon amour du rouge vient du Magicien d’Oz, on film que j’ai tant aimé enfant. En même temps, le rouge est beau en soi, dans l’absolu. Et des chaussures rouges, même une simple paire de tennis, c’est toujours WAW ! En ce moment, je suis tellement obsédé que je peux acheter n’importe quelle pièce de vêtement pourvu qu’elle soit rouge. Mais on n'en trouve pas tant que ça finalement. Heureusement qu'une toute petite pièce fait déjà du bien...


Robert Conrad


Elizabeth Taylor


mardi 14 juin 2011

Inspiration: Bette Davis recevant un Oscar, 1935


En 1935, Bette Davis recevait son premier Oscar et se faisait vertement critiquer dans les journaux pour avoir porté une simple robe de ville. Bleue marine et Blanche. Même pas une petite robe noire. La vérité, c’est que Bette se foutait probablement de ses robes. Bette était peut-être l’une des premières stars no look. Une actrice plutôt qu’une star.


mardi 7 juin 2011

Inspiration: Fashiontoast

Fashiontoast est the Blog mode qu’il faut lire. Ou tout simplement regarder.
Rumi est belle, bien habillée, elle semble toujours photographiée par Sofia Coppola ou Gus Van Sant. Les tenues sont sublimes MAIS simples et réalistes. La mode semble tout d’un coup évidente comme une crème hydratante et un T-shirt en coton, la beauté n’étant rien de plus qu’un peu de mascara.

Taux de faisabilité : Méfiance, pas si élevé que ça. OK, ça semble facile à copier, les tenues sont belles mais pas forcément hyper chères, portables etc. mais… Dans la vraie vie, on n’a pas cette photographie sublime, ni les jambes longues, longues, longues et l’œil de biche. (En plus, je ne sais pas vous, mais moi et la Californie, il y a un écart climatique certain)

En même temps, on s’en fout un peu parce que ce site est tout simplement hyper esthétique et poétique.

Vive la Californie.



lundi 9 mai 2011

Rétrospective Yves Saint Laurent: Rive Gauche

Il y a un an, c’était la haute couture, cette année, c’est le prêt-à-porter Rive Gauche qui s’expose. Une volonté YSL de se démocratiser, de rendre la rue plus belle et une vraie allure donnée aux femmes. Les manteaux et les cabans sont sublimes, toujours portables par une jeune fille actuelle ainsi que les quelques pièces qui semblent d'inspiration "belle de jour". Mais les autres vêtements semblent curieusement vieillis, bien plus que ceux de la haute couture. Sont en cause, les tissus  plutôt que les coupes : débauche d’imprimés dans des matières mois jolies, etc. Que tout cela semble passé, rétro malgré leurs lignes superbes. Oui, c’est beau, oui, c’est un moment important de l’histoire de la mode, mais c’est aussi une leçon de style : vive la pureté, la simplicité. S’amuser, c’est bien. Mais ce n’est pas forcément dans ces vêtements là qu’on voudrait que les autres se souviennent de nous. Reste à trouver les moyens de s'habiller en haute couture, de s'offrir cette perfection que Saint Laurent avait su donner à sa mode haute couture qui avait fini par sortir de la mode pour devenir éternelle.

"SAINT LAURENT rive gauche - La révolution de la mode" à la Fondation Pierre Bergé - Yves Saint Laurent. 5 avenue Marceau 75116 Paris. Jusqu'au 17 juillet


Photos: Luc Castel pour la Fondation Pierre Bergé - Yves Saint Laurent

 

vendredi 6 mai 2011

Inspiration: le maçon par August Sander


J'aime vraiment beaucoup le travail d'August Sander à la fois reportage et portrait d'art. J'adore le fait qu'il montre de vrais gens avec une beauté à couper le souffle. Cette photo de 1928 est à incroyable, je trouve: la composition, la lumière et le modèle, tout est parfait. 

Les looks des ouvriers et des paysans sont ceux qui ont le moins vieilli. Le gilet, l’écharpe, la casquette, on pourrait encore, c'est toujours sublime alors que certains effets "mode" beaucoup plus proche dans le temps sont abominablement datés. Une leçon à retenir? En tous cas, l'élégance est souvent proche de la simplicité et du minimalisme.

lundi 2 mai 2011

Quand la mode ennuie, vive le dévergondage

Vivienne Westwood
époque sex
Il y a quelques temps,  à une question de H&M qui demandait "quelle tendance pour la prochaine saison?" j'ai répondu par une boutade qu'une collection fétichiste glamour serait une bonne idée et qu'il n'avait qu'à demander à Dita Von Teese. C'était une boutade parce que la mode m'ennuyait, et m'ennuie toujours, de haut en bas et de bas en haut. et à la réflexion, ça ne me semble pas une si mauvaise idée pour casser le coté bling prétentieux mêlé de puritanisme religieux qui s'est imposé. Je ne pense pas nécessairement à quelque chose d'extrême et de punk comme ce que faisait Vivienne Westwood, grande dame ultra créative que je respecte et admire, dans sa boutique Sex.

J'avais plutôt en tête le style de Thierry Mugler, dont la maison est d'ailleurs relancée avec à la création Nicola Formichetti, qui à crée beaucoup de tenues pour Lady Gaga... Effectivement, la relance d'une tendance bondage SM porno est peut-être en bonne voie. Hélas, je crains que la pointe de vulgarité nécessaire ne soit bien trop prononcée... J'avais en tête des touches de fétichisme, pas un déguisement de pute. (Avec tout le respect du à Lady Gaga, je n'ai JAMAIS considéré qu'un string en cuir et des bas résille troués suffisaient à faire une tenue)

Je pensais à des choses comme: des bottes lacées haut, une ceinture-guêpière en cuir façon bondage, mais le tout porté avec une longue jupe crayon sous le genoux et un pull col roulé en cachemire beige. Ou, pour les garçon un trench coupé à la taille réalisé en popeline noire pour un effet exhibitionniste nu en dessous, alors que basiquement, vu le tissu, c'est quand même une chemise... Façon bourgeoisie dévergondée. Et de longs gants noirs, parce que c'est toujours sublime. 

En image: 

Thierry Mugler par Helmut Newton 1998
Bettie Page


Dita Von Teese

Madonna par Steven Meisel, Sex

Glenn Hughes

Etat Libre d'Orange: Tom of Finland

dimanche 1 mai 2011

Inspiration: Même pas vintage...

Aujourd'hui, c'est mon anniversaire et j'ai envie de me faire un petit plaisir en pensant à toute ces choses qui comme moi on tellement bien vieilli qu'elles ne sont même pas vintage, mais toujours terriblement jeunes!

 la marinière

Françoise Sagan
le polo
Clint Eastwood
Marlon Brando
Le jeans
Marilyn Monroe

James Dean (et Nathalie Wood)
La chemise Blanche

Marlene Dietrich

Lauren Bacall


le col roulé

Audrey Hepburn
Clark Gable
la veste en jeans
Montgomery Cliff
les parfums numérotés Chanel