Voila probablement la phrase que je prononce le plus souvent. Au moins une fois par jour. Et bien sûr, devant un placard qui menace d'exploser, et une armoire à parfums plus que bien garnie. Et j'ai tendance à penser que cela fait partie de la normalité de l'espèce humaine même si j'entends parfois parler de gens qui n'ont pas ce genre de souci, se trouve tout à fait heureux avec deux jeans, trois T-shirts et un flacon d'eau de Cologne. D'une certaine façon, ces gens sont un peu mes héros du quotidien, mais en même temps, je les plains très sincèrement, je me dis qu'ils passent à côté de quelque chose, d'un des petits (grand, j'avoue) plaisirs qui enchantent le quotidien…
Le grand problème du matin, c'est peut-être que rien ne va avec rien, ce qui est souvent la théorie des relookeurs, mais en même temps, c'est ça LE truc que rien n'aille avec rien et que ça puisse finir par faire un tout cohérent, donc tout à fait l'opposé d'un uniforme. Je commence toujours par décider de LA chose que je veux porter, la pièce qui va déterminer tout le reste que ce soit le parfum ou les chaussures. Oui, certain matins, je choisis d'abord quelles chaussures ou quel parfum je veux porter et tout le reste en découle. En fait, tout part de « mais qui ai-je envie d'être aujourd'hui ? »
J'ai toujours plus ou moins consciemment considéré la mode ou le parfum comme un jeu sur l'identité. Non pas un révélateur de l'identité, ce miroir « dis-moi qui je suis », je n'y ai jamais cru, plutôt comme une série de rôles, de déguisements qui traduisent probablement une partie de conscient ou une partie d'inconscient… Et je trouve amusant de montrer différentes facettes en même temps, c'est aussi pour ça que je décale. Parce que l'aldéhydé fleuri de bourgeoise, ça se marie parfaitement à la tennis pourrie. Et dans un sens, si le mélange exprime une personnalité, elle est complexe, à facettes au moins, pas bloquée en mode arrêt sur image. (voire en mode caricature) En ce moment, je suis en pleine fixette aldéhydes de bourgeoise. Ce n'est pas grave: ça ne passe pas, ça ne se soigne pas, mais ce n'est pas dangereux et c'est légal. (Enfin, jusqu'à ce que l'IFRA... Penser à faire des réserves)
Et parfois, j'ai juste envie de me la couler douce, confort, sans souci et sans effort. Ce qui me fait un peu enrager, c'est que mon parfum de ces moments-là, au lieu d'être un truc cool et cheap de chez Body Shop, par exemple, c'est la IVème heure de Cartier, autrement dit, mon parfum le plus cher, qui n'est pourtant pas le plus luxueux, il ne me donne absolument pas cette impression de luxe, au contraire, celle d'un truc tout simple, rustique, confortable comme un vieux plaid dans une maison de campagne…





































