Bandit offrait la volupté de la nudité sous un blouson de cuir. C’est magnifique, ça place la barre très haut, peut-être un peu trop haut pour moi qui pourtant ai toujours trouvé du plaisir à me faire quelque peu malmené par les créations de Germaine Cellier. Mais ce cuir-là, qui a le charme de Brando dans l’équipée sauvage, est un poil trop radical pour mon quotidien… Effectivement, je me sens malmené par le parfum, c’est lui qui me porte et non l’inverse.
Le cuir crée par Bernard Chant pour Madame Grès offre une alternative qui me séduit plus : Cabochard a tout de l’accessoire luxueux, de qui accompagne la grande bourgeoise lors de ses sorties en ville. Cabochard commence par les quelques aldéhydes indispensables au parfum de dame et une pointe de galbanum, se poursuit par un cœur de fleurs avant de finir en chypre chic, mais l’ensemble est contenu dans un élégant sac à main sorti d’une grande maison, ayant un peu vécu, ce qui lui confère une souplesse et une patine qui sont l’apanage des belles choses. Parfum de peau, ce cuir s’attache, enveloppe sans étouffer, évoque un instant l’image d’une Grace Kelly abritant sa maternité derrière son sac Hermès. Cabochard s'assume aisément, apportant sérénité et confiance.
Cabochard, Bernard Chant pour les parfums Grès, 1959