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jeudi 21 juin 2012

c’est l’été


louise brooks
Enfin... 

L'été, la chaleur, le soleil et cette paresse, cette langueur qui s'empare de moi, me pousse à rechercher l'ombre, à m'étendre sur la méridienne ou le lit, mollement, comme si soudainement mon corps était de coton et non plus de chair et d'os. Laissez-moi, couché, avec un livre à la main, rêvasser, oublier la chaleur qui m'accable. N'attendez rien de moi, ne me parlez même pas. Je serai de nouveau à vous quand l'été sera terminé. Je reviendrai à moi avec l'agitation, l'effervescence de la rentrée. D'ici là, je ne veux rien, rien que la paix et une figue juteuse. La figue, l'un des rares fruits qui me séduise par ses facettes changeantes, tour à tour vertes, sucrée, laiteuses…

Je ne le cite pas toute, juste mes deux préférées, qui ne sont pas les plus pures, car la simple matière ne me plait pas tant que cela. Pour commencer, le Jardin en Méditerranée de Jean-Claude Ellena pour Hermès (2003), la plus élégante des figues, celle qui se pare de fleurs, se savoure en bouquet piqué d'agrume, se nuance de bois et d'eau, toute en transparences, jolie citadine qui porte des sandales lamée or quand les autres sont en espadrilles. A l'opposé, Ninfeo Mio d'Isabelle Doyen et Camille Goutal pour la maison Goutal (2010) s'avance échevelée, pieds nus, dans le jardin des Hespérides pour trouver la fraîcheur à l'ombre verte des grands arbres.

Donnez-moi l'été et ces deux parfums et je suis si bien…

mercredi 4 avril 2012

La titanide est une ogresse !


Pendant que certains jouent à faire des parfums rétros-vintages parce que c'est la mode, Thierry Mugler continue sur sa lancée et crée des parfums titanesque qui partent à la conquête du monde en affichant leur originalité et leur modernité quelque peu synthétique. Womanity jouait sur le contraste sucré-salé pour un résultat «ambiance tearoom, pas élégant mais confortable, au bord de la mer» et n'a pas vraiment réussi à trouver son public : la figue est trop sucrée, le caviar trop salé, que pour séduire l'un ou l'autre camp. La sortie d'une Eau pour Elles devait permettre d'ajuster le tir… Une figue plus fraîche, transparente, lactonique, dégustée sur la plage ne m'aurait pas déplu, hélas, l'ajout d'une note de fraise annoncée semblait indiquer que Womanity basculait du côté sucraillon de la force…



Porté, Womanity m'a transformé en Alice à la poursuite du Lapin Blanc qui serait tombée dans un pot de confiture géant: la fraise est là, collante, épaisse, trop sucrée, écœurante jusqu'à la nausée. On distingue dans le lointain la figue, effectivement plus transparente, et en arrière-plan la note salée désormais bien cachée, mais on aspire surtout à prendre une douche.



Comme tous les parfums Mugler, tenue et puissance sont de la partie, pensez à protéger vos vêtements lors des essais.




Womanity, Eau pour Elles, Christine Nagel & Serge Majoulier pour Thierry Mugler, 2012.