L'été, la chaleur, le soleil et cette paresse, cette langueur qui s'empare de moi, me pousse à rechercher l'ombre, à m'étendre sur la méridienne ou le lit, mollement, comme si soudainement mon corps était de coton et non plus de chair et d'os. Laissez-moi, couché, avec un livre à la main, rêvasser, oublier la chaleur qui m'accable. N'attendez rien de moi, ne me parlez même pas. Je serai de nouveau à vous quand l'été sera terminé. Je reviendrai à moi avec l'agitation, l'effervescence de la rentrée. D'ici là, je ne veux rien, rien que la paix et une figue juteuse. La figue, l'un des rares fruits qui me séduise par ses facettes changeantes, tour à tour vertes, sucrée, laiteuses…
Je ne le cite pas toute, juste mes deux préférées, qui ne sont pas les plus pures, car la simple matière ne me plait pas tant que cela. Pour commencer, le Jardin en Méditerranée de Jean-Claude Ellena pour Hermès (2003), la plus élégante des figues, celle qui se pare de fleurs, se savoure en bouquet piqué d'agrume, se nuance de bois et d'eau, toute en transparences, jolie citadine qui porte des sandales lamée or quand les autres sont en espadrilles. A l'opposé, Ninfeo Mio d'Isabelle Doyen et Camille Goutal pour la maison Goutal (2010) s'avance échevelée, pieds nus, dans le jardin des Hespérides pour trouver la fraîcheur à l'ombre verte des grands arbres.
Donnez-moi l'été et ces deux parfums et je suis si bien…

