Silences est né à la fin des années '70 et a connu un joli succès dans les années '80. Floral vert, c'est un proche parent du N°19 qui aurait aussi un cousinage avec Rive Gauche. Il affiche tout d'abord un galbanum vert petit pois, croquant, presque crissant, soutenu par des fleurs -la jacinthe est très présente- avant de se révéler un iris soyeux et froid qui ne se poudre et reste du côté austère de la force. Par-dessous monte peu à peu une note blanche et métallique, celle-là même qui me fait penser à Rive Gauche) qui soutient l'iris sans le faire tomber dans le cosmétique ou le savonneux. L'évolution est lente, très fluide, il coule et découle sans ces transitions brutale qu'on souvent les parfums actuels.
Assez facile à trouver en vintage, puisque la formule actuelle est parait-il désastreuse, il est toujours un rempart contre la facilité, toujours aussi beau, un peu hautain, dans son élégance sport qui regarde vers Suzanne Lenglen ou René Lacoste, toisant les fruitchoulis en jogging lamé et autres gourmandises cheaps et faciles. Silences, comme avant lui le N°19, comme après lui Bas de Soie, est un intellectuel. S'il ne discute pas, c'est parce qu'il sait qu'il a raison. Il ne dit rien, contemple, médite, et hausse parfois les yeux au ciel. De nos jours, bien peu de parfums ont autant de caractère.
Silences, Jacomo, 1978