Affichage des articles dont le libellé est le monde réel. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est le monde réel. Afficher tous les articles

mardi 3 mai 2011

Freaks?



Beth Ditto, cover de Love

Regardez bien la nouvelle campagne de pub A Men de Mugler. Ça ne se remarque pas au premier abord mais le mannequin (Oscar Pistorius) est handicapé. Ses prothèses ne choquent pas du tout, on les remarque à peine. Coup de pub ou véritable intégration de la différence ? Il y a quelques années, McQueen avait fait défiler des handicapés et l’effet était assez désagréable, entre voyeurisme, exhibition de monstres, assez proche de la provocation gratuite. Pourtant, je ne pense pas que la démarche de McQueen était volontairement malsaine. L’époque n’avait pas été préparée. Dans le cas Mugler, il y a un univers qui se prète, la prothèse semble « naturelle » dans ce visuel. Et l’époque à (un peu, très peu, trop peu) changé. Beth Ditto s’est exhibée nue dans les magasine avec ses kilos en trop, imposant son physique hors norme. Des images dérangeantes, mais belles, qui nous ont appris que la beauté n’était pas dans les standards imposés.

Pour l’instant, la démarche reste isolée et excentrique. Coté couleur, ce n’est pas gagné non plus. Je pense à Naomi Campbell qui expliquait il n’y a pas si longtemps que certes, elle était devenue une star mais qu’elle avait beaucoup ramé parce que s’il n’y avait pas de problème pour les défilés, pour avoir de grandes campagnes, ce n’étais pas évident au début. Et elle précisait qu’elle savait que jamais elle n’aurait une campagne parfum parce que vous savez ce qu’on dit : les noirs, ça pue. Effectivement, on reste au standard de la belle blanche… Quand on pense qu’une maison comme Guerlain à fait de l’exotisme son fond de commerce avec Mitsouko, la japonaise, Shalimar, l’histoire d’amour en inde etc, on se demade pourquoi on ne voit pas des campagnes mettant en scène des indiens et une japonaise. Les mots de Jean-Paul Guerlain nous éclairent un peu sur la mentalité de ces vénérables maisons. On me dira que Guerlain, c’est Paris et la parisienne. Ok, mais Hillary Swank et Natalia Vodianova, elles sont vraiment parisiennes ? On reste dans un stéréotype et une norme…


Serge Lutens pour Shiseido

Je pense que c’est que j’ai toujours aimé les visuels de Serge Lutens époque Shiseido parce qu’ils n’étaient pas normatifs. C’était des visions, des sources d’inspiration, mais absolument pas des modèles auxquels il fallait se conformer. Le travail réalisé était évident et n’essayais pas de passer pour réaliste. On ne savait pas à quoi ressemblait la fille en dessous. Il y a vait juste l’excès de beauté, quelque chose d’incompatible avec la vie quotidienne.  A chacun de s’approprier l’image. La beauté selon Lutens était extrême mais pas culpabilisante, libératrice…

J’ai repensé en voyant tout cela au film Freaks, la monstrueuse parade, 1932, qui dépeint un petit monde ou chacun est un monstre. Dans cette foire aux monstres, seule l’écuyère est normale et belle selon les critères hollywoodiens. Evidement, c’est une garce, mais passons. Ce qui est frappant, c’est que dans ce film, tout le monde étant diffèrent, tout le monde étant un freak, tout le monde est finalement normal. Peut-être que nous devrions libérer le freak en nous. Pour un monde plus beau et meilleur. Peut-être que nous devrions aller jusqu’au bout de nos délires à la façon des images de Lutens, comme Beth. Excessifs, mais inspirés. Parce que la beauté, elle est dans le regard, celui de l’autre peut-être, mais aussi celui que nous posons sur nous même.


Et si on faisait tous comme Brigitte Fontaine?
"je suis vieille et je vous encule avec mon look de libellule"
(Prohibition, 2009)


mardi 8 mars 2011

Mon parfum me rajoute 10 ans. Ou 10 kilos.

Botero
Si, c'est possible, c'est même un des leitmotivs d'Allure.  Effectivement, un parfum peu changer la perception qu'on a d'une personne, pareil qu'un vêtement. Pour dire ça, Allure (que j'aime beaucoup, notamment parce qu'ils ont quelques articles signés L Turin ou F Malle) se base sur une étude qui a étudié le phénomène et a constaté que les gens semblaient plus jeunes quand ils portaient un parfum au pamplemousse, et plus minces quand ils portaient un fleuri épicé léger. 

Franchement, le genre de choses que j'aurais pu dire moi-même sans étude à la noix: assis dans les transport en commun à coté d'une personne un peu envahissante en terme d'espace, c'est certain que; parfumée d'Angel, vous allez la trouver encore plus envahissante et occupant plus d'espace. Ajoutons au coté sillage-présence, la problématique des notes gourmandes qui font sur quelqu'un de dodu immédiatement penser à la boulimie, et sur quelqu'un de maigre à de l'anorexie compensée olfactivement, mais là, je ne fais sans doute pas preuve d'objectivité dans ma détestation de la saccharose employée à outrance dans la parfumerie contemporaine.

L'âge? Bien sûr qu'un parfum peut vieillir: un extrait, bien riche, c'est l'équivalent du tailleur-collier de perles-carré de soie-manteau de fourrure: quelque chose de beau, mais bourgeois, installé dans la vie, totalement pas jeune. Il faut toujours se méfier de la richesse. Mon conseil, ce n'est pas de se précipiter sur la Cologne Pamplemousse Rose d'Hermès, que j'aime beaucoup, je le précise en passant, pour son effet lifting certain, mais surtout d'éviter de s’encroûter dans l'habitude, parce que c'est ça qui est moche dans le fait de vieillir, c'est de se figer, se raidir, ne plus avoir envie de découvrir, ne plus être curieux.

Mais ce genre de conseil dans un magasine me pose surtout une question: pourquoi se parfume t'on? Si c'est juste pour plaire, ou parce que sentir bon est un complément d'hygiène, alors oui, il faut suivre ce genre de conseil et passer au duo floral/pamplemousse. Si c'est pour son propre plaisir, par amour de l'art ou pour marquer son territoire...  On s'en fiche et on se fait plaisir. (J'avoue, parfois j'aime bien, parfois, que mon parfum envoie un message pas particulièrement pacifiste ou sympathique)

mardi 1 mars 2011

snobisme...

Au départ, j'aimais Fahrenheit de Dior. J'adorais l'odeur de violette mêlée de vert sur fond boisé. C'était en 1988. Et puis tout le monde s'est mis à le porter et c'était une mode plutôt agréable. Et aujourd'hui encore, je le sens parfois, souvent même: deux fois aujourd'hui, mais je ne l'apprécie plus du tout. Je suis sensible à l'odeur mais il est toujours porté par des gens dont je vais dire "qu'il ne sont pas mon genre." (Pour citer un peu Swann) 

Je suis snob sans doute. Et je me demande... De combien de parfums, de combien de modes, de livres, de disques etc ai-je été détourner parce que leurs "fans" me semblait communs? A quel point suis-je passé à coté de choses qui aurait pu me donner du plaisir pour ne pas être assimilé à certains groupes? Parfois, je me déteste, je me méprise d'être snob. Parfois.

Parfois, je me dis aussi que je serais passé à coté de certaines choses, que je n'aurais pas chercher à les connaître, que je n'aurais pas fait l'effort nécessaire pour les connaître si je n'avais pas été un peu poussé par un certain snobisme. Aurais-je lu Proust, Jean Lorrain et Théophile Gauthier sans une pointe de snobisme au départ? Aurais-je porté Iris Silver Mist et Lipstick Rose? Aurais-je cherché à voir M, le maudit? Toutes choses qui m'ont fait, m'ont poussé dans un sens qui est je crois assez bon. Alors oui, je suis snob et j'assume. De même que j'accepte aussi d'être snobé puisque je m'octroie ce "souverain plaisir de déplaire" cher à Wilde.

dimanche 20 février 2011

Parlons Sexe

l'incarnation trash
de son époque?
J'étais devant un sex shop, contemplant la vitrine et pensant à Lady Gaga qui semble trouver une grande partie de sa garde-robe dans ce genre de boutique. Je l'avoue d'emblée: j'adore Gaga dont le sens du style me fait invariablement beaucoup rire. Chaque recherche Google image Lady Gaga est un grand moment de bonheur. Et dans un sens, je peux même apprécier qu'elle ose ce que peu d'autres oseraient et que, grâce à elle, certaines tenues de créateurs soient vue ailleurs que dans les défilés et les magasines pointus. Bien que sur la dite Lady, l'effet puisse être radicalement diffèrent. Je contemplais donc des article de lingerie en cuir, sa tenue de base, en me disant que finalement son style descendait assez peu dans la rue et heureusement: une Lady Gaga est amusante, une troupe de clones est une pensée plutôt effrayante et assez déprimante. L'époque n'est donc peut-être pas complètement fichue. En même temps, convenons que la rue n'est pas toujours belle à voir. (d'accord, je suis snob.)

J'ai soudain vu, dans cette vitrine au milieu de choses qui ne me surprenaient pas le moins du monde, une paire de véritables chaussettes de football et j'ai été assez surpris parce que je n'imaginais pas le moins du monde que cet article pouvait être un objet fétichiste hautement érotique et désirable pour certain(e)s. Bon, j'ai lu Sade, je ne sus pas tombé de la dernière pluie et complètement naïf, mais malgré tout, il y a toujours des choses qui me surprennent, ce qui en soi est une bonne nouvelle. Rapidement, j'ai pensé que oui, pourquoi pas, ça ou une tenue de pompier ou etc... Après tout, tout les goûts sont dans la nature et je pense qu'absolument tout peut devenir un objet fétichiste. D'ailleurs,  la passion nippone pour la petite culotte blanche d'écolière...

Et puis, j'ai étendu le raisonnement au parfum ou tout semble tourner autour du sexe, sauf que dans ce monde, évidement, on ne parle pas de sexe, encore moins de cul, non, sauf chez Etat Libre d'Orange, on évoque la séductions et la sensualité; mais en étant un minimum honnête, force est de constater qu'un énorme partie du discours tourne autour de ça dans le mainstream. Dans le fond, on nous parle toujours des mêmes éléments et ingrédients: les éternels musc, civette, ambre etc., l'armada des matières animales et la famille orientale. J'ai soudain, après la vitrine du sex shop, trouvé cela fortement réducteur, totalement conditionné et finalement très loin du réel. Parce que, la sexualité, la sensualité, c'est une expérience personnelle, intime qui n'a rien à voir avec une tradition, une industrie. Et si finalement, chacun réagissait différemment à différentes matières?

Dans mon cas, je trouve même les parfums lourds ou forts, trop musqués, trop ambrés, bien déplaisants lorsqu'on a le nez collé sur une peau bien qu'ils aient l'avantage d'annoncer la couleur et d'envoyer le message "chaud(e) ce soir". Trop de parfum au moment X n'est pas une bonne idée. Et le plus traditionnellement sexy des parfums peut se révéler une catastrophe lorsqu'il fait renaître à l'instant crucial un souvenir ou une association peu souhaitable. Qui a vraiment envie quand il fait l'amour de penser soudainement à son père ou à sa mère?  (Mais là, on est dans le purement aléatoire, je sais)

Joan Collins
Mon cher Marcel Proust associe toujours dans la Recherche l'odeur des lilas à ses premiers émois: la découverte du plaisir solitaire à Combray. Spontanément, ce n'est pas au lilas que j'aurais lié ce genre d'expérience. Spontanément, je n'aurais pas lié le lilas à quoi que ce soit d'érotique. Et voila qui complique bien la tâche tout d'un coup puisque séduire l'autre par un parfum fini par relever du plus pur hasard. Les senteurs qui me plaisent le plus, me semblent le plus érotiques sont assez légères, fraîches, dans la dimension de l'intime. J'aime bien la traditionnelle eau de Cologne, toute simple, qui sent bon la peau propre et les odeurs savonneuses qui sont dans le même esprit. Sur une peau aimée, rien ne me semble plus doux que la fleur d'oranger, si innocente, enfantine. Gros craquage sur le lait pour le corps de Diptyque et la crème pour le corps de Bonpoint parce qu'en fait, un lait ou une crème, c'est encore le meilleur moyen de se parfumer pour une nuit d'amour. Ce qui me plaît, finalement, ce n'est pas le message "en chaleur" mais plutôt l'évocation du moment intime: sortir de la douche etc.

En même temps, je reconnais que ça n'envoie pas exactement un message clairement sexuel. Mais il y a dans certains grands classiques, des élément troublants qui savent se faire sentir en restant à l'arrière plan: parce qu'après tout, l'idée est quand même plus de dire subtilement "intéressé(e)" que se balader avec "baise-moi" écrit au feutre noir sur le front, non? Le N°5 si propre mais avec son jasmin presqu'animal en extrait et ce petit quelque chose de sombre et pas net... Arpège et son décor encore un peu fourrure... Vous voyez le genre? Et j'avoue que si je n'envisage pas de me livrer à la débauche avec accessoires en cuir, c'est LA note qui réussirait à me mettre dans tous mes état. Peau d'Espagne de Santa Maria Novella, Bel Ami ou mieux encore: l'eau d'Hermès et ses notes de Cologne, son bouquet distingué mais discret et son fond de cuir animal hautement érotique. Finalement, il se peut que je sois un fétichiste qui s'ignore. Un Lord Gaga en puissance, pas assumé mais quand même plus distingué que la dite Lady? Et d'ailleurs, le parfum est-il pour certains un fétiche comme un autre, indispensable piment à leurs ébats?

lundi 24 janvier 2011

Extases, Pompadour et décalage…

Par la poste, sous pli discret, m’est arrive, merci Dr Jicky, non pas un quelconque sex toy, d’ailleurs, depuis Sex & the City, ce genre d’article va s’acheter pendant la pause déjeuner entre copines et se commente le lendemain à la pause à café, si tant est qu’en 2011 on achète encore des sex toys ? J’ai donc reçu, quelques gouttes de N°19 en extrait vintage. Depuis, je délire de bonheur, je suis Hérode devant Salomé ôtant ses voiles, Sémélé terrassée par la splendeur de Zeus, un saint médiéval contemplant la face de Dieu, etc. En principe, vous avez compris l’idée, mais c’est au point que je n’ose ouvrir le flacon, j’ai juste pensé à le mettre à l’abri ; j’ai d’abord pensé au coffre, mais si je sais ou est la clef, je sais aussi qu’elle est franchement difficile d’accès et par contre, je ne sais plus très bien ou se trouve le coffre, ensuite, j’ai songé au frigo, lieu idéal, sombre et frais, pour conserver des parfums mais je me méfie de la femme de ménage… Oui, c’est un peu délirant, je le conçois.

Au passage, j’en profite pour commenter l’illustration : Jupiter et Sémélé par Gustave Moreau, que j’adore et je recommande vivement la visite de sa maison musée : c’est un vrai grand moment, que l’on aime ou pas son œuvre : il y règne vraiment une atmosphère. (Détails : ICI)

Évidement, c’est ce genre d’attitude qui m’a valu il y a peu de me faire traiter de Pompadour sur un ton assez méprisant. J’ai bien sûr répondu que j’y voyais un compliment, adorant la chère marquise, ce à quoi il fut répondu que pas du tout, bien du contraire, qu’elle était le symbole de tout ce qu’honnissait mon interlocuteur: rococo, décadent, pompeux, futile, colifichet etc. alors qu’il y a dans le monde, de vrais problèmes et de vrais enjeux, comme l’écologie, la démocratie, les droits de l’homme, etc. Le tout n’était même plus méprisant mais débité avec une tête de Méduse destinée à me pétrifier.  J’aurais pu répondre que tous ces grands principes nous venaient des Lumières qui étaient bien reconnaissants de sa protection à la chère Marquise : Voltaire qui lui devait sa pension royale, Les encyclopédiste qui avaient pu rentrer dans leurs frais en publiant leurs illustrations grâce à l’autorisation royale qu’elle avait sollicité pour eux, etc. Sans oublier que cette femme de goût en avance sur son temps avait déjà commandé un mobilier à la grecque, tournant le dos au rococo, en bourgeoise instruite, de bon ton, en avance sur son temps qui apporta sa culture et son progrès à la cour de France. J’aurais pu. Mais j’ai laissé glisser. Et me suis demandé, futilement en quel parfum j’aurais vu cette belle marquise…
(Pour reparler d’illustration : les pastels de Maurice Quentin de la Tour sont à voir absolument au musée du Louvres, j’en suis personnellement littéralement amoureux !)

En partisan de la théorie des contraires et du décalage, pour une femme ainsi parvenue au sommet de toutes les ambitions, j’aurais assez bien vu une violette symbole de modestie. (Celle de Penhalgon’s est ma préférée, poudrée, en contexte un peu terreux)

Je ne vous ai jamais parlé de ma théorie du décalage ? Disons que d’après moi, certains parfums s’associent trop naturellement à certaines tenues ou circonstances et que jouer le total look peut être une posture amusante, très arty, mais qu’il est dans la vie quotidienne de meilleurs ton de décaler ou d’opposer tenue et parfum. Mon cher, très cher N°5 par exemple, je suis persuadé qu’il en a marre des tailleurs, colliers de perles et carré Hermès. Je suis même certain qu’il méprise autant que faire ce peut cet éternel 2.55 auquel certaines persistent à vouloir le marier. Lui, ce qu’il voudrait, c’est être porté avec des marinières et des marcels Petit Bateau en vacances au bord de la mer.



Et Opium ? Déjà, il n’avait pas trop aimé la collection chinoise qui accompagnait sa sortie, mais bon, ça faisait parler de lui, alors pourquoi pas ? Mais quand on lui a présenté Jerry Hall en robe de vamp lamée or, il a su qu’il était foutu et qu’il allait souffrir. Parce que ce qu’il aime, ce sont les costume de la collection Rive Gauche, ceux qui ont des rayures de banquier. Parce que, ça sert à quoi un parfum de vamp sur une fille dont tout crie « torride » ? Ça ne sert à rien !

En revanche, l’Eau sauvage, elle n’en peut vraiment plus des costume de banquier, non, elle, ce qu’elle veut, c’est aller loger sa fraîcheur et son innocence, son coté bien comme il faut et chic sans faute pour gendre idéal, au creux d’un soutien-gorge balconnet histoire de raconter qu’ici monsieur, on a du charme mais que ça ne veut pas dire pour autant qu’on est une vulgaire chaudasse !

En gros, l’idée, c’est quand même qu’il faut toujours un peu décaler le jeu, c’est plus amusant et parfois, ça calme. Et un parfum un peu élégant peut vous faire monter la plus simple des tenues d’un cran. De même qu’un parfum frais, léger, tout simple, peut éviter un aspect un peu poseur/prétentieux… Donc, vive les femmes fatales en parfums de nones et les jeunes filles sages parées de sensualité : Souvenez-vous de Catherine Deneuve en Belle de Jour portant l’Heure Bleue !

jeudi 23 décembre 2010

shopping de Noël et bilan de l'année écoulée

Je dois être un emmerdeur fini. Aujourd'hui, je me suis fait traîner dans les magasin, enfin, peut-être pas traîner étant donner que j'adore ça, y compris en période hystérique de veille de fêtes, pour me faire offrir un cadeau de Noël. et je n'avais envie de rien, nous sommes rentrés bredouilles, ce qui d'habitude me désole amplement et est même chez moi un signe de dépression. Mais là, RIEN!  Zéro envie aussi bien à la parfumerie que chez Hermès, chose que je n'aurais jamais cru dire mais pourtant vraie: même chez Hermès, je n'avais envie absolument de rien
C'est une sorte d'écoeurement qui me prend après des habitudes d'hyperconsomation, trop plein de plus en plus fréquent qui finira peut-être par me rendre raisonnable, ce que mon banquier n'avait jamais pu obtenir de moi.

Peut-être suis-je rattraper par cet air du temps qui veut consommer moins et consommer mieux, un air du temps plus à la morosité crisèsque qu'à l'euphorie d'une bourse à la hausse... Aller savoir. Mais c'est assez bienvenu puisque ça permet de faire des petits bilans et des petites remises en causes. Et j'ai fait mon petit bilan parfum de l'année, bilan soldé par beaucoup trop d'achats et fort peu de port parce qu'il faut bien dire que finalement, ce sont toujours les deux ou trois même que je porte: mes Chanels chéris plus que tout autre et quelques grands classiques vieillot dont je n'arrive pas à me lasser bien qu'ils soient généralement extrêmement sages.

Cette années, il y eu aussi:

-Des coups de coeur durables généralement parmi les vieux Guerlain mais surtout les créations de l'Artisan Parfumeur et d'Annick Goutal, finalement mes deux maisons préférées qui ne me lassent jamais, un intérêt marqué pour Comme des Garçons qui me semble bien intéressant au delà de ce que la provocation parfois un  pourrait laisser penser.

-Une petite découverte à la limite de la déconvenue: moi et Lutens, nous ne nous aimons définitivement pas. Certes, ses parfums frôle parfois le sublime, ce que je ne discutent pas, mais ils ne sont tout simplement pas pour moi, provocant parfois une sensation de nausée à force de devenir sirupeux sur moi.

-Un agacement vis-à-vis des Éditions de Parfums Frédéric Malle que je suis bien en peine d'expliquer. Les tarifs? Un peu surfaits à mon goût, ce qui fait que comme pas mal de maison actuelle, je refuse de trop m’intéresser à la marque dont au total je crois n’apprécier que quelques références. J'avoue que le parfum de Thérèse, Lipstick Rose et Lys Méditerranée pourrait me pousser au crime... Au moins, même si les prix sont parfois excessifs Chez Malle, on a de la qualité et de la créativité ce qui est loin d'être le cas dans bon nombre de lignes nouvellement créées qui n'ont de luxueux que les prix.

-Des déceptions en chaîne dans les lancements:
A commencer par Bleu le nouveau masculin de Chanel, vague sent bon sans personnalité qu'on serait bien bête de payer chez Chanel quand on peu se l'offrir chez Monoprix. Parfois, après Bleu et la reformulation de Pour Monsieur, je me dis que j'ai du mérite à encore aimer Chanel. Je dois être un vieux sentimental dans le fond.
Le Lutens Bas de Soie: joli mais surtout variation sur le N°19, moins doux, mais pas meilleur.
Le parfum Mais on Martin Margiela pourtant intéressant sur papier mais pas tant que ça dans la réalité. Disons que c'est un demi échec.
Belle d'Opium le grand mensonge: rien d'Opium et rien de beau dans ce flacon.
Beauty de Calvin Klein: la quintessence du parfum actuel: tellement lissé qu'on trouve que oui, ce n'est pas désagréable, que ça sent le parfum mais qu'on enregistre rien tellement ça manque de personnalité. Très représentatif d'une époque qui mets des célébrités sur tous les abribus mais se voit obligée de noter le nom de la dite star quelque part sur l'affiche parce que personne ne la reconnaît plus à force de Photoshop, Botox and C°
Du Bling Bling prétentieux: Guilty by Gucci, Fan di Fendi et surtout notre chérie assumée Lady Million qui fait passer la Rolex de Sarkozy pour une marque de bon goût. Tout ça bien lourd, bien écoeurant et curieusement fondu dans la masse. A son époque Poison incarnait un mauvais goût prétentieux et flagrant mais au moins, il avait le mérite d'une forme originale...
Un Love Chloé qui nous fait le coup du Dove devenu parfum chic pour les gens qui aiment transporter avec eux l'odeur de leur salle de bain... Dans le même genre, très cosmétique, il y a aussi l'Amande Persane de Roger & Gallet: jolie note d'amande poudrée destinée à être déclinée dans une gamme bien-être franchement agréable, pas chère, pas la moins créative des sorties de l'année, qui vaut le détour parce qu'elle n'est pas chère et permet de se faire joliment plaisir. Et au nez elle a vraiment une belle qualité, surtout en version lait et crème, qui la met sur le même pied que des créations plus snobs d'une parfumerie "sélective" qui l'est de moins en moins sélective. Son seul handicap, c'est de ne pas être vendue assez cher mais ce n'est pas moi qui vais m'en plaindre. (à découvrir!)
Du Flanker à la pelle, bien sûr. Tellement qu'on ne parvient plus à suivre et qu'on se demande parfois ce qu'on est exactement en train d'acheter. Certains ont des noms tellement à rallonge qu'ils ne doivent être disponible qu'en flacon MaxiSize, je suppose.
ETC

Pas une grande année, même si j'admets  volontiers


vendredi 1 octobre 2010

revues...

Je viens de répondre à une enquête sur un magazine. C’est affolant de voir que ces gens pensent écrire quelque chose en rapport avec  la mode, la beauté, l’art de vivre, la culture etc. alors que j’ai juste l’impression de relire des communiqués de presse. Pas d’analyse, pas d’avis personnel, mais la répétition d’un discours publicitaire. C’est ennuyeux et pas du tout informatif. En même temps, je suis accro aux revues bêtasses et j’ai du mal à ne pas les acheter toutes, y compris les plus tartes.

mercredi 22 septembre 2010

Ladylike Attitude

Baronne Staffe, Usage du monde, Règle du savoir-vivre dans la société moderne, Texto, 2007

Paru originellement en 1891, ayant influencé la société de son époque en fixant les usages de la politesse, voila un livre dont on se demande s’il a encore un intérêt autre qu’historique. A le lire, on se prend d’une nostalgie pour ces usages dont certains sont bien révolus et on se dit que l’élégance est autre chose qu’une moue méprisante accompagnant un sac de créateur posé au creux du coude. A faire lire absolument aux nouveaux riches et aux aspirantes Ladies !

mardi 14 septembre 2010

Vitesse

Tout va vite. Beaucoup trop à mon goût. Il faut travailler plus vite, rouler plus vite (sur la bande de gauche, c'est encore mieux), consommer plus vite, faire plus de choses...
Même lire doit aller vite. On me dit parfois à propos de mon cher Marcel que c'est trop long, que les phrases sont trop longues, le rythme trop lent et que ce n'est vraiment pas possible de le lire. Mais ou est le plaisir de lire un livre si c'est pour penser qu'il est urgent qu'il soit vite fini avant d'avoir été commencé? Moi, j'aime les gros livres, ceux avec lesquels on peut rester longtemps.
Et les parfums? Pareil: on doit tout sentir tout de suite, plus question d'évolution lente. C'est affreusement réducteur. En plus, pour être compréhensible, vite, il vaut mieux ressembler à quelque chose de connu, après tout, l'égérie fera la différence. Et tant qu'à râler, voila encore un mot qui m'énerve: Égérie était une nymphe conseillère du roi Numa, pas un panneau publicitaire. J'imagine Jacques Polge pleurnicher dans son bureau et appeler le petit Gaspard pour avoir de bons conseils... En même temps, voila peut-être qui expliquerait la médiocrité de Bleu.
Rock Hudson
Heureusement, on peut encore s’arrêter au borde de la route et regarder le paysage. Un monument comme Shalimar par exemple, qui vaut le coup d'oeil, qui mérite qu'on prenne son temps, même si par rapport aux premières versions que j'ai senties, il me semble que le départ très bergamote ai été fortement diminué...

samedi 21 août 2010

Proust, Flaubert et la vie en société...

Il y a des choses qui doivent être justifiées sans arrêt.  Lire Proust en fait partie. Dans certains cercles, cela vaut peut-être un peu de considération, mais en général surtout auprès de gens qui ne l’ont pas lu, cela vaut brevet de snobisme et déclenche agressivité envers cet auteur qui « écrit pour faire long, qui est confus et interminable etc. » J’ai encore affronté ce genre de discours hier, Proust étant comparé à Flaubert qui écrit si bien, qui fait court, va au cœur du sujet et bla bla bla. Les deux étant présentés comme inconciliables. Il se trouve que bien que je sois victime de l’obsession proustienne, j’aime aussi Flaubert dont j’ai lu tous les grands romans et dont le dictionnaire des idées reçues m’a beaucoup fait rire.
Comparer les deux me semble injuste et inutile puisqu’ils ont chacun des buts si différents. J’aurais pu retourner l’argument en parlant de la platitude de Flaubert et de son manque d’ambition (narrer un fait divers sordide, c’est un chef d’œuvre?) face à la grandeur de Proust qui embrasse la quasi-totalité d’une expérience humaine et qui vise au système esthétique et philosophique total etc… mais franchement, cela m’aurait semblé aussi ridicule comme défense que ne l’était l’attaque. J’ai donc pris sur moi et simplement dit qu’on ne pouvais comparer  puisqu’il avaient des visées différente et que les deux n’étaient inconciliables.

Parfois, les gens m’ennuient profondément. 

dimanche 20 juin 2010

La crise…

Vraiment, je ne supporte plus de entendre parler de la crise et de lire les articles de témoignages des victimes à longueur de journaux; c’est vraiment excessivement déprimant et plus angoissant qu’utile.
Moi aussi, j’ai du mettre de l’eau dans mon vin et restreindre mon train de vie d’une façon qui m’est pénible et non naturelle, même si j’admets volontiers que mes privations de luxe prêtent à sourire face à la détresse de certains, il n’empêche que c’est assez difficile pour moi de n’avoir pas trop de choix et de devoir me dire que certaines choses doivent être revues à la baisse: aller plus souvent chez H&M et plus chez Ralph Lauren, acheter une crème Clarins et plus Sisley, attendre le mois prochain pour acheter un flacon de N°5… et tous les mois,  compter, jongler, emprunter et ne pas toujours rendre…

Un peu ce qui est arrivé à Marcel Proust quand ses parents ont décidés d’être un peu moins généreux. Dans d’autres proportions, bien sûr. (Mais enfin, quand je dis que j’en reviens toujours à lui…)

Ne pas sortir serait une solution, mais hélas, il faut bien que j’aille travailler, gagner ma vie (d’une façon à mon goût bien misérable) et donc être plongé au cœur de cette ville que j’adore, soumis à toutes les tentations auxquelles j’aime tant à succombé, faible que je suis.