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mercredi 7 septembre 2011

Haute Société

Evelyn Jarrold a 40 ans, elle est veuve, belle, mondaine accomplie, bourgeoise comblée et respectable. Elle est aussi coquette, légère et égoïste.

Miles Vane-Merrick a 25 ans, il est beau, enthousiaste, partisan engagé de réformes politiques de gauche, c’est un intellectuel et un idéaliste.

Forcément, ils se rencontrent, s’aiment.

Mais heureusement, Sackville-West, ce n’est pas Barbara Cartland. La fin est prévisible, leur histoire est condamnée d’avance. Tout l’enjeu pour le lecteur est de savoir qui souffrira le plus, lequel sera le plus noble, qui grandira, gagnera en maturité. Au départ, j’ai eu un peu de mal parce que le roman commence un peu comme un cliché. Et j’e n’ai pas vraiment réussi à m’attacher à l’un ou l’autre personnage. Mais il y a le charme de l’écriture ou l’auteur ne s’identifie pas à ses personnages, reste extérieur, critique et un peu ironique sans tomber dans la caricature. Et il y a le charme factice de cette société élégante des années ’30 joliment critiquée, démontée sans tomber dans la caricature. Pas indispensable, mais plaisant.

Vita Sackville-West, Haute société, 1932. (Disponible au Livre de Poche)

lundi 9 mai 2011

Vita Sacville-West: Ambiance sombre et plume acide.

Gervase Godavary revient à la demeure familiale à la mort de son oncle et retrouve dans les montagnes écossaises, au bord d'un lac sombre, une famille qu'il n'apprécie guère. Poids du passé, secrets, rancœurs, adultères, etc, tout est là. Tout et surtout Paola, la fille de son oncle, née d'un second mariage, Paola l'étrangère -elle est à moitié italienne- est différente, indifférente, femme fatale égarée à la campagne.

"...elle était de ces âmes hautaines qui ne trouvent jamais de maître, de ces personnalités insaisisables et perverses qui ne connaissent pas la compassion. Il était donc vain de lui en vouloir ..."



Paola, Victoria Sackville-West, 1932, disponible au Livre de Poche

Trois jours d'action, d'observations et une ambiance à la "sœurs Brontë" sombre, intense et mystérieuse. Et puis surtout l'écriture de Vita Sackville-West: précise, fine, incisive, presqu'acide qui fait merveille dans ce qui est plus une longue nouvelle qu'un roman. J'aime quand ça grince dans les réunions familiales.