Affichage des articles dont le libellé est rose. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est rose. Afficher tous les articles

lundi 26 novembre 2012

Ce soir?


Ce soir ou jamais commence  dans un jardin de roses. Un moment de langueur un peu lascive à la tombée du soir avec pourtant les nuance fruitée de la poire (typiquement Goutal) du verger d’à côté qui donne un dynamisme à la fragrance. On s’y endort dans une songerie moelleuse, confortable, voluptueuse. Le réveil surprend : une salle d’opéra à l’italienne, rouges et ors qui luisent dans la pénombre, odeurs de velours et de poudre. Et toujours la rose, magnifique.
Ce soir ou jamais m’échappe un peu. La rose ou un trop plein de sensualité pour moi ? Peut-être. On ne peut pas tout porter, n’est-ce pas ? Ce soir ou Jamais me semble parfait pour celles qui, comme Scarlett, sont capable de décrocher les tentures pour s’en faire des robes. En attendant de décrocher la lune…

Ce soir ou Jamais, Isabelle Doyen et Annick Goutal, 1999

mercredi 10 octobre 2012

Cartier voit la vie en rose


Déclaration d’un soir a des liens évidents avec Déclaration : un fond boisé, le cumin qui le traverse, ce même effet chaud/froid. (ou propre/sale) À la place d’un thé Earl Grey, une rose, timide, en bouton, qui s’épanouit joliment, délicatement. C’est fin, ciselé et je ne peux m’empêcher de penser que Mathilde Laurent a voulu donner un cavalier à la jeune femme Baiser Volé donnant à la ligne grand public de Cartier une direction dont elle manquait peut-être, celle d’un romantisme délicat.

La succession de Nina Ricci, maison reine du genre avec son Air du Temps, était à reprendre depuis que Ricci se vautre dorénavant dans le sucraillon. Le pari est un peu risqué, un peu déphasé par rapport à notre époque, mais c’est si joliment réalisé (si on met de côté l’insipide Cartier de Lune) que je ne peux qu’aimer sans pour autant avoir envie de porter : j’ai passé l’âge de rêvasser devant les posters de David Hamilton. Pourtant, je n’irais pas traiter ce « Déclaration d’un soir » de mièvre : il est tendre, délicat, plus intéressant, finalement, que sa cavalière, juste un peu sage, un peu trop retenu.

Cartier est donc l’une des marques à suivre, prometteuses, de celles qui pourraient devenir les grandes classiques de demain puisque les marques de parfums plus anciennes ne semblent plus capables que de suivre les tendances en dupliquant, à grand renfort d’égéries, les patchoufruits à l’infini. Avis perso, mais je trouve les masculins Cartier plus intéressants que les féminins et pour une fois j’invite les filles à se servir au rayons garçon. Ça change !

Déclaration d’un soir, Mathilde Laurent pour Cartier, 2012.

mercredi 19 septembre 2012

rose



Il y avait dans le jardin de mon enfance un rosier portant de petites fleurs aux pétales de velours d’un rouge sombre tirant vers le noir dont l’odeur qui montait m’insupportait au plus haut point. J’aurais pu trouver les fleurs jolies, mais je détestais leur parfum capiteux. Je ne dirais pas que ces roses me donnait la nausée, non, je trouvais juste qu’elles empestaient. Rien n’a pu y faire, je n’ai jamais pu souffrir les roses dans toute leur splendeur, je ne les ai jamais supportées que pâles et fraîches. Les roses jaunes ou blanches.
En parfum, il m’est arrivé de les aimer pourtant, légères et mariée à la violette dans des nuances cosmétiques terriblement artificielles. La Rose de Frédéric Malle m’a renvoyé à mon enfance, capiteuse, enivrante, insupportable.  Cette rose hyper réaliste compte parmi les parfums que je déteste le plus. A tester donc par tous les amateurs de vraies roses rouges qui devraient l’adorer.


Une rose, Edouard Fléchier pour les Edition de Parfum Frédéric Malle, 2003

dimanche 9 septembre 2012

néoclassique


Des muscs blancs, modernes, évoquant la lessive, le propre, dévoilent une impression de rose : non pas le portrait de la fleur, mais une sensation rosée, palpable, respirable, discernable mais invisible. Cette note rosée prend appuis sur des muscs à l'ancienne, gras et sales qui rappellent un peu des parfums ancien comme l'Original Musk de Kiehl's. Le parfum traduit parfaitement son époque tout en réussissant à être intemporel. Élégant, impersonnel, il laisse pourtant penser à celle qui le porte qu'elle a trouvé SON parfum, SON odeur, tout en étant parfaitement acceptable socialement. Narciso Rodriguez a réussi à marier les contraires : propres et sales, sexy et portable au bureau, minimalisme moderne et traitement à l'ancienne, faisant de son premier parfum l'un des classiques du mainstream actuel, l'imposant comme un classique indémodable.

Les deux versions, eau de toilette et eau de parfum, sont sensiblement différentes sur le même thème : à tester absolument ! J'avoue que jamais je ne pourrai le porter, m'y habituer tout à fait. Il a pourtant tout pour plaire, mais je ne peux m'empêcher de le trouver un peu trop anonyme pour moi. Il manque peut-être tout simplement un peu de désuétude pour mon goût un peu rétro.

For Her, Francis Kurkdjian et Christine Nagel pour Narciso Rodriguez, 2003