La tubéreuse by Killian est solaire, lamée, dorée, terriblement coco, d'un luxe écrasant et somptueux. Elle me fait penser à Elizabeth Taylor dans le Cléopâtre de Mankiewicz. De l'argent dépenser à foison, qui se voit sur l'écran, une Egypte splendide et un peu kitsch, mais, surtout, une Elizabeth rayonnante, fascinante, si évidemment amoureuse de Burton, belle à se damner sous un maquillage qui enlaidirait des filles à peine jolies, et toujours un peu hystérique. Voilà tout Beyond Love : un parfum coûteux, mais où on sent la belle matière à plein nez, un parfum dans lequel se vautrer pour une débauche luxueuse et indécente. Ce n'est pas la plus artistique, la plus distinguées des tubéreuses, mais l'argent est là et, pour une fois, a été dépensé à bon escient.
J'avoue ne pas être fan du genre. J'ai toujours préféré Claudette Colbert dans le Cléopâtre de Cecil B de Mille, dominant l'Égypte art déco d'Erté avec son assurance de petite secrétaire arriviste, sans scrupule, sans complexe, terriblement moderne et charmeuse. N'empêche, de temps en temps, une petite dose d'Elizabeth Taylor ou de Beyond Love, c'est rudement bon. Insortable cependant, tant le parfum est connoté prostituée de haut-vol. À réserver pour traîner à la maison dans une robe de chambre-kimono chamarrée.
Beyond Love, Calice Becker, by Kilian, 2007



