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mercredi 10 octobre 2012

Cartier voit la vie en rose


Déclaration d’un soir a des liens évidents avec Déclaration : un fond boisé, le cumin qui le traverse, ce même effet chaud/froid. (ou propre/sale) À la place d’un thé Earl Grey, une rose, timide, en bouton, qui s’épanouit joliment, délicatement. C’est fin, ciselé et je ne peux m’empêcher de penser que Mathilde Laurent a voulu donner un cavalier à la jeune femme Baiser Volé donnant à la ligne grand public de Cartier une direction dont elle manquait peut-être, celle d’un romantisme délicat.

La succession de Nina Ricci, maison reine du genre avec son Air du Temps, était à reprendre depuis que Ricci se vautre dorénavant dans le sucraillon. Le pari est un peu risqué, un peu déphasé par rapport à notre époque, mais c’est si joliment réalisé (si on met de côté l’insipide Cartier de Lune) que je ne peux qu’aimer sans pour autant avoir envie de porter : j’ai passé l’âge de rêvasser devant les posters de David Hamilton. Pourtant, je n’irais pas traiter ce « Déclaration d’un soir » de mièvre : il est tendre, délicat, plus intéressant, finalement, que sa cavalière, juste un peu sage, un peu trop retenu.

Cartier est donc l’une des marques à suivre, prometteuses, de celles qui pourraient devenir les grandes classiques de demain puisque les marques de parfums plus anciennes ne semblent plus capables que de suivre les tendances en dupliquant, à grand renfort d’égéries, les patchoufruits à l’infini. Avis perso, mais je trouve les masculins Cartier plus intéressants que les féminins et pour une fois j’invite les filles à se servir au rayons garçon. Ça change !

Déclaration d’un soir, Mathilde Laurent pour Cartier, 2012.