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mardi 27 novembre 2012

sport chic


Je dois avouer un gros faible pour les parfums Prada. Ils sont pour moi ce qui s’est fait de mieux dans le mainstream au XXIème siècle sans avoir l’air d’y toucher. Et tout est là. Prada, c’est un style, faussement conventionnel et classique, avec un petit quelque chose en plus.  C’est chic, net et propre, mais de même que ce qui rend les anciens aldéhydés savonneux intéressants, ce sont des dessous un peu sales, ce qui différencie les parfum Prada, c’est une petite mélancolie dans le sourire, une petite fêlure dans le lisse, un « je ne sais quoi » qui fait sentir que sous ses airs assurer, le porteur du parfum Prada n’est pas dupe du jeu qui se joue. Et qu’il a cette suprême élégance de na pas vous prendre pour un con.

Clark Gable
Luna Rossa explore le territoire sportif qui n’est pas étranger à la marque, via le voilier du même nom, et n’oublions pas non plus que Prada a aussi vendu des tenues de ski et s’est fait connaître sur la scène de la mode via des sacs en nylon…

Il y a la menthe, très présente, l’amertume de l’agrume et la signature savonneuse-poudreuse de la maison qui est présente depuis le début. Et un fond qui se pose, plus sage, plus sombre. L’homme Infusion d’Iris a quitté sa chemise blanche pour un polo.  Le parfum n’est pas un indispensable, mais puisque toute ligne se doit d’avoir un parfum homme étiquette sport, Prada se plie au jeu et livre sa version, jolie, bien faite, élégante, pas follement innovante, ce ne serait pas Prada, mais en se glissant dans le paysage parfumé, l’air de rien, mais très élégamment comme si le luxe, ce n’était pas de faire du neuf, de se faire remarquer, mais de faire mieux.

Luna Rossa, Daniela Andrier pour Prada, 2012

dimanche 2 septembre 2012

les années noires


Jodie Foster
Taxi Driver
La maison qu'elle a fondée rend une fois de plus hommage à Gabrielle Chanel à travers un parfum. L'inspiration officieuse est très probablement ces années sombres qui ont valu à Gabrielle son surnom de Coco, ces années où elle était chanteuses de beuglant dans des villes de garnison, quasiment de fille à soldats, ces années des débuts difficiles qu'elle prenait tant de soin à faire oublier, elle qui voulait tant être une femme respectable, libre, bien différente des cocottes qu'elle avait croisées à ses débuts.

Coco Noir est un patchouli écœurant, poisseux, collant, doté de l'inévitable couche de sucre qu'il faut pour séduire le public le plus large puisque les clientes élégantes, parties chez Prada, n'ont pas voulu revenir après le N°19 Poudré. Ça se veut jeune, c'est fruité, et ça plaira probablement à toutes les petites grues qui rêvent d'un destin à la Zahia ou à la Ruby. Pas certain que Mademoiselle eut apprécié l'hommage.

Coco Noir, Jacques Polge et Christopher Sheldrake pour Chanel, 2012