samedi 20 octobre 2012

petit plaisir quotidien


Je suppose que l’idée était un savon « à l’ancienne » mais le résultat est un hommage aux aldéhydés. (Savonneux, poudreux avec un rien de citron)En me lavant les mains, je me suis penché pour sentir : l’impression de me pencher pour embrasser la nuque d’une élégante en Calèche ou en Calandre…

Un moment très agréable, pas cher. Depuis, je me lave les mains pour le plaisir. Chance, la crème assortie fait la peau douce et sent aussi très bon.

Crème lavante mains lait Bonne Mère, l’Occitane, 11€

mercredi 17 octobre 2012

Œillet préraphaélite



L’Air du temps est un bouquet épicé dominé par l’œillet, mis en valeur par quelques aldéhydes à effet « laque Elnett », et soutenu par un fond boisé qui reste discret. C’est incontestablement vrai, mais terriblement réducteur. C’est un classique en dépit de son nom, hors du temps dont je me plais à penser qu’il n’a jamais appartenu à l’une ou l’autre époque. 
L’Air du Temps est une transparente mousseline de soie qui s’enroule autour de moi sans jamais se faire pesant. Linéaire et simple, le romantisme sage du parfum crée une aura apaisée et pourtant un peu triste, pensive à la manière d’un portrait préraphaélite. Je l’imagine volontiers sur Jane Burden.


L’Air du Temps, Francis Fabron pour Nina Ricci, 1948


La version actuelle reste une jolie senteur, un peu plate, mais n’a plus grand-chose à voir avec le parfum d’origine. La législation rendant impensable un vrai œillet, il faut, hélas, faire son deuil de l’air du temps.

mercredi 10 octobre 2012

Cartier voit la vie en rose


Déclaration d’un soir a des liens évidents avec Déclaration : un fond boisé, le cumin qui le traverse, ce même effet chaud/froid. (ou propre/sale) À la place d’un thé Earl Grey, une rose, timide, en bouton, qui s’épanouit joliment, délicatement. C’est fin, ciselé et je ne peux m’empêcher de penser que Mathilde Laurent a voulu donner un cavalier à la jeune femme Baiser Volé donnant à la ligne grand public de Cartier une direction dont elle manquait peut-être, celle d’un romantisme délicat.

La succession de Nina Ricci, maison reine du genre avec son Air du Temps, était à reprendre depuis que Ricci se vautre dorénavant dans le sucraillon. Le pari est un peu risqué, un peu déphasé par rapport à notre époque, mais c’est si joliment réalisé (si on met de côté l’insipide Cartier de Lune) que je ne peux qu’aimer sans pour autant avoir envie de porter : j’ai passé l’âge de rêvasser devant les posters de David Hamilton. Pourtant, je n’irais pas traiter ce « Déclaration d’un soir » de mièvre : il est tendre, délicat, plus intéressant, finalement, que sa cavalière, juste un peu sage, un peu trop retenu.

Cartier est donc l’une des marques à suivre, prometteuses, de celles qui pourraient devenir les grandes classiques de demain puisque les marques de parfums plus anciennes ne semblent plus capables que de suivre les tendances en dupliquant, à grand renfort d’égéries, les patchoufruits à l’infini. Avis perso, mais je trouve les masculins Cartier plus intéressants que les féminins et pour une fois j’invite les filles à se servir au rayons garçon. Ça change !

Déclaration d’un soir, Mathilde Laurent pour Cartier, 2012.